De l'insécurité en rapport avec ma future carrière

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Kays.

De l'insécurité en rapport avec ma future carrière

Message par Kays. » 27 sept. 2011, 18:10

Bonjour a tous et a toutes,

pour ceux qui ne le savent pas, je suis bipolaire de type I, diagnostiquée en novembre 2010. J'éprouve certaines difficultés avec ma fratrie qui comprend plus ou moins ma maladie mais ceci n'est pas le sujet de la discussion que j'initie aujourd'hui.

J'étudie au cégep, dans un programme qui me forme pour intervenir auprès de délinquants jeunes et/ou adultes, auprès de gens qui pourraient potentiellement le devenir et auprès de victimes d'actes criminels. Je serai également amenée a intervenir auprès de personnes dites marginales comme les itinérants, les travailleuses du sexe ou encore les personnes souffrant de problèmes de toxicomanie et de santé mentale. Je suis très passionnée, mes études me plaisent énormément, je trouve ce qu'on apprend excessivement intéressant. La clientèle avec laquelle j'aimerais le plus travailler sont les travailleuses du sexe, les itinérants, les personnes souffrant de problème de santé mentale et les femmes et les enfants violentés. Je pense probablement me diriger en Service social (travail social) a l'université, dans 3 ans. Malgré que ce que j'étudie me passionne énormément sur le plan théorique, je manque quelque peu de confiance en moi. En faites, je ne suis pas certaine d'avoir les qualités requises pour exercer une telle profession. Je me souviens d'une amie que j'avais, elle avait un réel talent avec les gens, elle savait les cerner, les mettre en confiance, lire en eux comme un livre ouvert, elle les connaissait sur le bout de ces doigts, elle avait une très grande capacité d'écoute. Je ne possède pas un tel charisme, c'est quelque chose que j'admirais beaucoup chez elle avant que nous nous perdions de vue a cause de ma maladie.

J'ai recu un email de l'organisme STELLA qui est un organisme qui défend et protège les droits et les intérêts des travailleuses du sexe, ils m'ont dit que je pouvais être bénévole pour eux, qu'il me suffisait de participer a l'une de leur rencontre d'information en octobre. J'ai confirmé ma présence mais je suis nerveuse. Je sais que cela va me donner une idée pour voir si je suis faite pour cela ou non mais j'aimerais tant avoir les qualités requises pour exercer ce métier parce que j,aime vraiment ce que j'étudie...

Est-ce qu'il y a des gens qui travaillent avec ces clientèles? Pouvez-vous dire quelque chose pour me rassurer? Vous est-il arrivé de beaucoup douter de vous-même pour finalement vous rendre compte que vous vous inquiétiez pour rien? Ma carrière professionnelle est très importante pour moi et je vise la réussite, j'ai toujours eu beaucoup d'ambition et j'aimerais faire de grandes choses, j'aimerais écrire des livres entre autres portant sur les clientèles avec lesquelles je serai en contact par exemple.

J'attends vos réponses, merci.

Kays.

Re: De l'insécurité en rapport avec ma future carrière

Message par Kays. » 29 sept. 2011, 14:46

J'obtiens de très forts résultats a l'école et cela m'encourage et me motive...J'ai obtenu la note de 100% pour mon débat en criminologie sur les différentes écoles de pensée pénale, j'ai obtenu la note de 95% dans mon examen de psychologie, 100% dans un exercice en sociologie, etc. Cela m'encourage. Si je continue a avoir d'aussi bons résultats, je crois que je vais appliquer pour des bourses d'études. Il y a aussi la bourse REVIVRE pour alquelle j'aimerais appliquer cependant, si je l'obtiens, je ne la mentionnerai pas dans mon CV parce que cela impliquerait que je souffre d'une maladie mentale et c'est quelque chose que je veux cacher a mes futurs employeurs éventuels.

Catnip
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Re: De l'insécurité en rapport avec ma future carrière

Message par Catnip » 30 sept. 2011, 11:40

Salut Kays,

J'étudis moi aussi en intervention et je compte me spécialiser soit en criminologie ou dans la santé des femmes. C'est bien d'avoir connu les deux côtés de la médaille lorsqu'on travaille dans le domaine de l'intervention. Cela nous apporte une plus grande ouverture et on sait c'est quoi être le ''patient'' ou ''réclamer de l'aide''.

Je comprends tes craintes et c'est bien que tu te pose des questions sur tes capacités d'écoute, d'empathie et ta façon dont tu vas intervenir.

Je te dirais ceci... Tu as bien beau avoir des A+ ou des 100% dans tes matières mais cela ne prouve rien à ta pratique d'intervention. La personne devant toi recherche de la compréhension, des réponses à ses questions, de l'empathie, de l'écoute, de la rassurance, des solutions, etc... Il faut éviter de se réfugier dans les théories pour laisser place à l'ouverture de soi afin d'acceuillir la personne dans son état du moment présent. Il faut aussi éviter de ''catégoriser'' les gens, voir même les étiquetter car chaque parcours est unique et chaque personne est différente. Laisse le DSM aux psychiatres, tu n'es pas médecin, tu es intervenante. :)

Je t'invite à penser à ce que tu avais besoin, ce que tu recherchais quand tu avais besoin d'aide. Qu'est ce qui te fais du bien quand tu te sens mal? Quand tu rencontre un ou une intervenante, comment veux-tu qu'il ou elle agisse avec toi? Comment veux tu qu'on te traite? Si tu es capable de répondre à ses questions, cela va te donner des pistes pour tes propres interventions. Nos profs à l'université nous conseille fortement de faire un travail sur soi-même (une thérapie) car nos propres conflits intérieurs peuvent influencer notre façon d'intervenir.

Continue ton bon travail, les notes c'est importants pour renter en service social ou en travail social (programme très très très contingenté).

Bonne chance

Catnips
A first visit to a madhouse is always a shock. -Anna Freud

Aramis
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Re: De l'insécurité en rapport avec ma future carrière

Message par Aramis » 30 sept. 2011, 12:52

Je pense que Catnips est une humaine exceptionnelle...

Kays.

Re: De l'insécurité en rapport avec ma future carrière

Message par Kays. » 30 sept. 2011, 13:17

Catnip a écrit :Salut Kays,

J'étudis moi aussi en intervention et je compte me spécialiser soit en criminologie ou dans la santé des femmes. C'est bien d'avoir connu les deux côtés de la médaille lorsqu'on travaille dans le domaine de l'intervention. Cela nous apporte une plus grande ouverture et on sait c'est quoi être le ''patient'' ou ''réclamer de l'aide''.

Je comprends tes craintes et c'est bien que tu te pose des questions sur tes capacités d'écoute, d'empathie et ta façon dont tu vas intervenir.

Je te dirais ceci... Tu as bien beau avoir des A+ ou des 100% dans tes matières mais cela ne prouve rien à ta pratique d'intervention. La personne devant toi recherche de la compréhension, des réponses à ses questions, de l'empathie, de l'écoute, de la rassurance, des solutions, etc... Il faut éviter de se réfugier dans les théories pour laisser place à l'ouverture de soi afin d'acceuillir la personne dans son état du moment présent. Il faut aussi éviter de ''catégoriser'' les gens, voir même les étiquetter car chaque parcours est unique et chaque personne est différente. Laisse le DSM aux psychiatres, tu n'es pas médecin, tu es intervenante. :)

Je t'invite à penser à ce que tu avais besoin, ce que tu recherchais quand tu avais besoin d'aide. Qu'est ce qui te fais du bien quand tu te sens mal? Quand tu rencontre un ou une intervenante, comment veux-tu qu'il ou elle agisse avec toi? Comment veux tu qu'on te traite? Si tu es capable de répondre à ses questions, cela va te donner des pistes pour tes propres interventions. Nos profs à l'université nous conseille fortement de faire un travail sur soi-même (une thérapie) car nos propres conflits intérieurs peuvent influencer notre façon d'intervenir.

Continue ton bon travail, les notes c'est importants pour renter en service social ou en travail social (programme très très très contingenté).

Bonne chance

Catnips
Je suis contente de trouver quelqu'un qui étudie aussi en intervention, es-tu a l'université ou au cégep? Le chemin que tu veux prendre semble tres intéressant effectivement. Oui effectivement, on peut dire que je vais connaitre les deux cotés de la médaille car en plus d'avoir été aidée - j'ai souvent eu recours a l'aide de travailleurs sociaux et de psychologues - je serai aussi celle qui aide et le fait d'avoir été des deux cotés va m'aider a mieux me mettre a la place de mes clients.

Cependant, je ne me prends pas pour une psychiatre mais je veux travailler avec les gens qui souffrent de problèmes de santé mentale aussi parce que c'est une cause qui me touche particulièrement et que j'ai très a coeur. Je sais que je dois traiter chaque cas et chaque individu comme étant unique et a part entière et non le cataloguer ou lui apposer une certaine étiquette. La dessus, je pense que je n'aurai pas de difficulté, j'ai toujours eu une tendance naturelle a percevoir chaque individu comme étant unique et a part entière avec son propre vécu et ses propres expériences. Je doute cependant de mes capacités a mettre l'autre personne a l'aise, de créer un climat de confidence...Lorsque j'étais plus jeune, j'avais une grande peur de l'intimité, je viens d'une famille avec des parents très réservés et qui n'ont pas beaucoup entretenu de relations sérieuses avec des amis autre que leur famille ce qui fait qu'ils m'ont légué une espèce d'incapacité a entrer en relation avec les autres malgré qu'ils m'aient inculté une grande capacité d'adaptation et de résilience car ils sont tous les deux des personnes avec de forts caractères et qui ont vécu des choses tres difficiles dans leurs vies.

La chose qui m'irrite le plus est lorsque l'on pense me comprendre mieux que moi-même, que l'on essaie de me dire comment je suis et que ca soit complètement dans le champ. Je pense que c'est un comportement que je vais éviter d'adopter avec mes clients. J'aime que l'on m'estime a ma juste valeur, que l'on me connait sur le bout des doigts, que l'on sache ce que je ressens ne serait-ce que par une expression faciale en particulier, j'aime que l'on m'accepte entièrement avec mes qualités et mes défauts et j'aime que l'on met de l'avant mes forces. Je pense que c'est quelque chose que je vais réutiliser en intervention.

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