La différence

(maniaco-dépression)
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Juliette
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La différence

Message par Juliette » 03 mars 2010, 17:10

Bonjour,

Je ne sais pas pour vous mais moi, je trouve ça affreusement plate de vivre sans haut ni bas. Comme si la vie avait perdue sa vraie raison d'être. Je n'arrive pas à me faire à l'idée. Je sais que tout le monde désire que je sois stable, mais je n'y arrive pas. Je sais que je suis improductive et pas fonctionnel du tout lorsque je suis dans un accès, mais rester comme je suis c'est-à-dire stable, ça veut dire être malheureuse. Je n'arrive plus à m'émerveiller pour des rien. Tout est incroyablement plate et sans couleurs. Je n'arrive pas à comprendre les gens qui vivent de la sorte. J'imagine que lorsque tu as seulement vécu ça, c'est normal. Mais, ce n'est pas mon cas. Pour moi, ma normalité, c'est de monter et de redescendre.

J'ai l'impression que c'est la société qui ne m'accepte pas comme je suis. En voulant ramener tout le monde vers la moyenne, elle passe à côté de choses importantes. C'est la différence qui fait en sorte que c'est beau la vie. C'est cette différence (culture, origine, orientation sexuelle, etc.) qui colore la vie. J'ai l'impression que la société cherche à uniformiser ses citoyens. Pour être considéré comme normal, il faut être de race blanche, être d'origine de la souche, être athé, être hétérosexuel et être en bonne santé. Mais, dans le cas de la santé mentale, où se trace la limite de la bonne santé? Est-ce seulement l'aspect fonctionnel, c'est-à-dire être capable de bien fonctionner sur les plans scolaire, professionnel, social, familial, etc. et l'absence de douleur morale qui trace la limite de la bonne santé? Je n'en suis pas si sûr. Je n'ai jamais eu l'impression d'être malade. Je sentais que j'étais différente, mais jamais je ne suis senti en dehors de la norme ou anormale.

J'imagine que ça doit être dur à comprendre pour quelqu'un qui n'a jamais vécu ma situation. C'est dur de comprendre et d'accepter la différence. La différence dérange!

Maintenant, je me demande qu'est-ce que je dois faire. Me résoudre à la norme, faire ce que l'on attend de moi (être NORMALE) et être malheureuse ou faire à ma tête (ne pas être stable et monter et redescendre) et ne pas être tout à fait fonctionnel 100% du temps??

Votre opinion serait la bienvenue...

Juliette

belly

Re: La différence

Message par belly » 03 mars 2010, 18:51

Salut Juliette,

je comprends très bien ce que tu vie car j'ai vécu cet état assez longtemps et je capotais car je me disais ça se peut pas une vie comme ça!!!! J'étais une vrai légume! Je me disais même vaut mieux en finir que de rester ds cet état végétatif. Mais étant donné que ma fille était là j'ai persévérer et j'ai réussi a vivre de très belles périodes ou tous mes sens revenaient mais juste correct pour pas m'emporter. Les recherches disent que pas traité les hights diminue et le downs augmentent. Donc a toi de voir si tu entres ds les statistiques. Moi j'y entre sans et avec traitement. Je serais morte depuis bientôt 2 ans si je n'aurais pas été traité!!! J'ai 34 ans et l'avenir m'angoisse surtout quand je rechute. As-tu connu des downs ou tu flirtais avec la mort, psychotique?

Redonne moi des nouvelles si tu veux, j'aime bien ton sujet.

Bellyxxxx

tee
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Re: La différence

Message par tee » 04 mars 2010, 07:51

[
Modifié en dernier par tee le 11 mai 2010, 06:29, modifié 1 fois.

Juliette
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Re: La différence

Message par Juliette » 04 mars 2010, 13:54

Salut Belly et Tee,

Pour répondre à vos questions et faire une histoire courte, je dirais que j'ai reçu un diagnostique après une phase de manie et une phase mixte. J'étais retombé dans une dépression et je n'étais plus capable de m'en sortir, je badtrippais à fond. J'avais décidé d'en finir avec la vie et c'est à partir de ce moment-là que j'ai été hospitalisé pour la première fois.

Au fait, personne n'a répondu directement à ma question! Vaut-il mieux vivre sur les pilules et être malheureux ou être soi-même et ne pas être fonctionnel 100% du temps?

J'aimerais avoir votre opinion là-dessus...

Juliette

belly

Re: La différence

Message par belly » 04 mars 2010, 16:12

Vaut mieux être soi-même avec une médication qui ne nous enlève pas notre essence.

Et oui ça se peut!!! La je viens de me taper une décente au enfer (rechute) mais quand je suis stable je me sens heureuse et bien. Donc je suis loin d'être 100% du temps malheureuse.

Je sais, c'est long avant d''être stable mais quand on l'est c'est merveilleux et il y a les rechutes mais bon, faux bien admettre qu'on a une maladie!

J'espers avoir mieux répondu à ta question.

Au plaisir de te lire.

Bellyxx

tee
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Re: La différence

Message par tee » 04 mars 2010, 22:47

La médication a un effet temporaire (assez long par contre) qui nous bâdre dans la première année de traitement. On commence notre vie d'enfant avec des hauts et des bas, alors quand un produit chimique vient et nous change....c'est normal de ne pas aimer cela. J'ai vécu cela, je l'ai refuté pendant 8 ans et je me suis faite plus de mal que de bien. Les tentatives de suicide ont fait du mal à mes proches, pas seulement à moi. Le jour ou j'ai cessé de consommer, de boire et que j'ai pris mon lithium comme il se doit: je me sentais plus que différente :shock:

Quand tu passes presque toute ta vie gelée et que finalement tu deviens sobre en prenant ton médicament, toute est bizarre et plate. C'est comme si tu n'as plus d'échappatoire. Tu dois faire face à la vie de façon concrète et finalement, quand tu réalises que tu fais du progrès...tu deviens fière de toi. La vie ajun et sans manie est dure. Moi, je m'en cache pas, je trouve la vie dure...Que ce soit travailler, endurer les autres, lire les mauvaises nouvelles dans le monde, endurer les tondeuses de mes voisins, entendre les problèmes de mes "ainés" à l'épicerie......crisse c'est dur. Mais en même temps, je regarde 18 ans en arrière quand j'étais en train de mourir au bout de mon sang......et je suis contente de vivre. Je veux me battre, je veux participer à la vie, je veux découvrir de nouvelles choses, de la musique nouvelle, des affaires capotées......il y a tellement de choses que je veux savoir. Alors, si je veux atteindre mon but, je dois prendre mon médicament car je sais que je trouve la vie dure :lol:

C'est dur à comprendre mais ce que je veux dire c'est que OUI, ça vaut la peine de prendre ses médicaments. Je suis encore aussi folle qu'avant sauf que je ne tente plus de me suicider et je ne fais plus de psychoses. Deux choses négatives que je ne veux plus dans ma vie.

Bonne nuit!

tee xxx

Jeff
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Re: La différence

Message par Jeff » 06 mars 2010, 05:33

Bonjour Juliette,

Je suis allé chercher quelque un de tes questionnements.

Maintenant, je me demande qu'est-ce que je dois faire. Me résoudre à la norme, faire ce que l'on attend de moi (être NORMALE) et être malheureuse ou faire à ma tête (ne pas être stable et monter et redescendre) et ne pas être tout à fait fonctionnel 100% du temps??

Vaut-il mieux vivre sur les pilules et être malheureux ou être soi-même et ne pas être fonctionnel 100% du temps?



Effectivement, je suis d'avis que de trop s'adapter aux autres rend malheureux. Ça prend un minimum de points de liaisons communs avec l'autre pour être bien. Selon ce que je comprend, tu as l'air de penser que plus tu vas être toi-même, plus ton fonctionnement avec les autres va se dégrader(?). Ça voudrais dire que tu te considère suffisamment différente de la norme pour en souffrir car tu as peut-être l'impression de mettre trop d'eau dans ton vin?

Un des points contre lequel je me suis toujours battu est justement de forcer certaines personnes à s'adapter au reste de la société sous prétexte qu'elle était malade mentalement et devait être soigné. Je trouve que la vision du problème et la solution sont vraiment dégueulasses. J'irai même jusqu'à dire que c'est de la fraude intellectuelle pour bien des cas et que dans d'autres domaines, le même acte serait considéré comme illégal.

Pour t'en sortir Juliette, selon moi, tu devrais t'écouter et te faire confiance. Le plus grand spécialiste de ce qui se passe dans ta tête, c'est toi.

Cependant, tu n'as rien à gagner à faire des épisodes qui dérange l'entourage et qui pourrait te nuire. Tu n'auras pas le choix de t'aménager un espace dans lequel tu pourras avancés sans éclaboussure et tu auras des sacrifices à faire.

Prendre les médicaments et s'adapter à la normalité est pénible au début mais dit-toi que tu vas acquérir de l'expérience et les choses ne sont pas nécessairement coulé dans le béton au niveau des problèmes mentaux.

Il y'a moyen d'être normal au point de vue de la santé mentale sans pour autant être normal au sens où on rejoint la majorité de la société au niveau des valeurs et de la manière d'agir.

Tu peux pas savoir à quel point je m'ennuyais en psychiatrie, avec des gens à gros diplôme même pas capable de faire la différence entre ce que j'appellerais le normal quantitatif et le normal qualitatif.

Une belle gang d'osties d'épais...

Jeff

Catnips

Re: La différence

Message par Catnips » 06 mars 2010, 15:25

Jeff a écrit :Il y'a moyen d'être normal au point de vue de la santé mentale sans pour autant être normal au sens où on rejoint la majorité de la société au niveau des valeurs et de la manière d'agir.
Très bien dit Jeff. Il y a une façon d'être stable sans autant rentrer dans le moule et se faire chier à longueur de la journée car on n'en fait pas assez pour être comme monsieur et madame tout le monde. Avant tout, nous sommes des humains, nous avons des valeurs, des intérêts, des passions comme tout le monde. Notre perception est peut-être différente de la celle des autres car nous avons vécus des expériences que la majorité de la société ne passera pas par là. Vaut mieux tourner ça en positif et voir ça comme une expérience qui nous a fait grandir. Ma définition de la stabilité est celle-ci : être capable de se lever le matin, de ne plus souffrir physiquement, d'être suffisament fonctionnel pour travailler, étudier, avoir une vie social, cuisiner, faire son lavage, épicerie, ménage, ect... Être capable de vivre l'amour, de partager une vie avec quelqu'un, reprendre ses activités que nous avions laissés dans le passé... Bref, vivre ''normalement'' sans changer pour autant ses valeurs, ses goûts, oublier ses expériences positives et négatives (dépressions, psychoses, ect...).

Catnips

tee
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Re: La différence

Message par tee » 07 mars 2010, 09:01

La société n'est pas complètement insignifiante ou mauvaise à 100%. Il y a encore beaucoup de choses à apprendre des autres et on ne finit jamais d'apprendre. Bien sûr, il y a les mauvais côtés de notre civilisation qui nous inculque qu'il faut étudier, avoir une carrière, faire des petits, prendre des REER à la caisse Desjardins pour finir retraités et jouer au golf (ou au scrabble à l'âge d'or). Le fameux pattern des Nord-Américains...n'est sans doute pas attirants pour nous, qui sommes plus sensibles et émotifs. On a besoin de choses qui sortent de l'ordinaire.

Mais encore, il reste que dans notre société il y a une foule de personnes qui sont ouvertes d'esprit et qui ont un coeur. Se limiter à dire "je ne veux pas être comme eux" c'est un peu injuste puisque nous-même ne voulons pas être rejetés ou discriminés par cette même société. Sans se fondre dans le moule social, il existe des façons de rejoindre les gens. Pour cela, il faut se sentir bien et essayer de ne plus avoir de rechute. Et même si on avait une rechute, peut-être serions nous surpris de voir ces gens qui font partie de la société "normale" venir à nous et nous aider. Je l'ai vécu et même si je sais que je suis bipolaire, je sais aussi que beaucoup de personnes dites "normales" sont sensibles au mal des autres.

L'importance d'éviter les rechutes est tout simplement pour la simple raison que les séjours à l'hopital deviennent très pénibles année après année.

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