Le journal de suegag

(maniaco-dépression)
Itsabell
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Re: Le journal de suegag

Message par Itsabell »

Bonjour Suegag et Yody,

Des flashs. C’est désagréable. J’en ai encore. Je n’ai toutefois plus de pulsion comme cet automne.

Un médecin qui a déjà travaillé dans ma région et a soigné ma fille s’est suicidé au début du mois. Ça m’a rentré dedans. Elle avait l’air parfaite. Un beau garçon de l’âge de ma fille. Un beau mari. Ils avaient l’air parfait. Elle etait bonne urgentologue. Mais elle n’a pas supporté le covid. C’est tellement triste...

Tant que ça reste des flashs ça va mais je compatis. Sois vigilante envers ces idées noires.

Bonne soirée!
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Salut!

Vous avez raison, c'est désagréable d'avoir des flash suicidaires. J'en ai pas souvent, mais depuis hier, ça arrive plus. C'est troublant, j'aime pas ça c'est certain. Mais tu as raison Yodi, ça rien à voir avec une pulsion. Pour moi, c'est des images. Des fois, j'y pense sans m'en rendre compte pis ça pop. Comme si c'était en sourdine. Tantôt je pensais à ça en demi-sommeil avant de me réveiller. Alors oui, c'est désagréable, c'est préoccupant, c'est triste. J'ai déjà traumatisé les personnes de ma famille avec ça et ça m'y ramène. Mais ça fait vraiment longtemps.

Au moins, je n'ai pas ce qu'il faut. Si je me rendais plus loin, je pense bien que ça se calmerait le temps que j'aille chercher ce qu'il manque. Surtout si ça me pogne après 8h00 :lol: C'est presque rendu banal d'en parler tellement c'est présent.

J'ai bien profité de mon congé de maman aujourd'hui. J'ai lu un peu, j'ai pris mon bain, j'ai écouté le silence et j'ai dormi. That's it. J'ai été anxieuse pas mal toute la journée, peut-être à cause du calme. C'est peut-être pour ça aussi que les idées morbides étaient plus présentes aujourd'hui.

Bon courage!
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Carlu
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Re: Le journal de suegag

Message par Carlu »

Vous avez su mettre les mots exacts sur mes flashs, merci ça me fait sentir moins seule dans cette affaire-là.
Moi aussi, ce sont des flashs, ça passe rapidement dans ma tête et ça repart aussitôt, il ne s'agit pas moi non plus de pulsions.

Bon courage et douce soirée,
Carlu
SACHA
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Re: Le journal de suegag

Message par SACHA »

salut suegag.

malgré tout la douleur que je lis dans ton texte... il a des bouts drôle en maudus. :lol: .. pour vrai, tu décris tellement bien ce qu'est la dépresson.. surtout bipolaire..

moi aussi je suis dedans, mais elle s'exprime plus avec le manque d'intérêt, la fatigue et L'ANXIÉTÉ.. oui .. comme tu la décrit..
Suegag a écrit : 19 janv. 2021, 00:29 c'est comme vivre avec un poignard dans le cœur.
... en plein ça..

on a tous nos souffrance et on a pas le choix d'accepter que, pour nous les bipolaires, ça va venir, ça va passer et ça va revenir et pour ensuite repasser..

arrête pas tes médicaments.. pas une bonne idée.. même que je dirais que si ça passe pas assez vite ou tu souffres trop.. peut-être un ajustement.

bref.. bravo pour ton lavage de corps.. et ta lecture a due t'évader pour un petit bout.

allez accroche toi et vient écrire ici..
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Salut Sacha!

Bien merci! Je suis contente que tu ais vu l'humour dans tous ça parce qu'un moment donné, ça devient tellement n'importe quoi, qu'il vaut mieux en rire. Alors oui la souffrance, mais plus l'écoeurantite je te dirais. J'avais choisi de retirer mon texte parce que je l'assumais moins ce matin, mais tu viens de me faire revenir sur ma décision :lol:
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Petit update sympathique...

Les dernières semaines m'indiquent que je suis définitivement dépressive. Ça ne s'améliore pas. Je prends toutes mes pilules pour absolument RIEN. En fait, je les prends parce que je ne sais pas comment les arrêter sans me scrapper encore plus.

Je ne suis plus anxieuse, Dieu merci, parce que je suis complètement nulle en anxiété, c'est trop souffrant, vivre avec ça, c'est comme vivre avec un poignard dans le cœur. Ouais, peut-être que c'était fucking intense comme anxiété.

Mais je suis dééééééépresssssssssiiiiivvvveeeeeee. Siboire que c'est long o*ti de dépression qui me colle au c*l comme une os*i de charrue. Les journées sont loooooooooooooooooooooooongue à rien faire. Je n'ai pas le goût de rien. C'est difficile à expliquer, même moi je ne comprends pas. Pourquoi je n'ai pas le goût de me laver, pourquoi je ne me lave pas même si je n’ai pas le goût, pourquoi je me donne des misères pour des choses insignifiantes que je peine à réaliser parce que je suis en fucking dépression, pourquoi les flashs, la rumination, les obsessions, la lassitude, la fatigue, pourquoi le mal de vivre, c'est donc ben insoluble tout ça! Ça allait de soi avant :(

Je sais bien que tout passe. Je sais. J'y crois, Je me le répète chaque jour, comme pleins d'autres affaires que je me répète par jour. J'y crois que j'ai tout ce qu'il me faut ici et maintenant. Je sais pleins de choses que je mets en pratique, tous les jours, depuis des mois, une philosophie, un mentra, un objectif, une heure à la fois. Mais je suis donc ben tannée. Je suis déprimée d'être dépressive d'être déprimée. J'ai une humeur de marde tous les jours. Je m'haïs tous les jours. J'suis pas bien tous les jours.

Aujourd'hui je me suis lavé yé!!!!!! cal*s, me su lavé. Bra-e-vo. Sérieux, j'en suis fière. J'ai réussi ça aujourd'hui. J'ai réussi à lire une trentaine de minutes. Bra-e-vo! Une autre fierté! J'ai jasé au téléphone. Heille j'me peux pu. Je chante ma gratitude en cette vie aux richesses multiples qui ne cessent de m'éblouir au quotidien.

J'exagère là. Je suis cynique là. Mais c'pas grave tsé... Prends ça comme un exercice de style au pire. Pis sacre moi patience!

Au moins je suis vivante. Je ne suis pas éteinte... Parce que l'ennuie, le manque de motivation (ou plutôt la TOTALE absence), le manque d'intérêts (ou plutôt la TOTALE absence), ça donne l'impression de s'éteindre. Mais je suis là! Encore et toujours! Pleine d'énergie par écrit! Pour ça aussi full gratitude sort les trompettes je cris ma joie. Parce que ça se peut de ne pas avoir l'énergie d'écrire. Oui oui, ça se peut de ne pas pouvoir penser, enligner des phrases, s'exprimer, peu importe la manière. Bon ok, j'imagine qu'au pire, reste les signes et les onomatopées.

Mais quand même. La dépression, ça fait mal, tous les jours même avec un bon mode de vie, même avec des pensées positives, même avec de l'activité physique, même avec de la thérapie, ça fait mal quand même, pis ça fait mal longtemps, surtout quand c'est une bipolaire qui l'a fait et que ça suit un épisode hypomaniaque. Laisse-moi te dire, que je l'sais kossé ça fait. Ça m'a décali**é solide. Je vis avec, je ne sais pas pour combien de temps encore, je garde espoir, parce que y'a des gens ici qui l'ont eu pas facile du tout et qui se portent mieux aujourd'hui. Alors il ne faut pas lâcher.

Mais je le dis, même si ça ne donne rien et que c'est négatif, la dépression ça fait mal, ça fait chier, ça scrap toute, pis c'est long. Faque tiens-toi bien, la tempête va passer, mais a va r'pogner pis elle va passer, pis elle va r'pogner, pis elle va passer et nous connaîtrons des jours heureux! C'est comme ça.
isa456
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Re: Le journal de suegag

Message par isa456 »

J'ai déjà vu une conférence Ted Talk dans laquelle on expliquait que le contraire de la dépression n'était pas la joie mais bien la vitalité. Je trouve cela assez juste, déprimé on manque de vitalité, comme si on était éteint. Chaque petite chose devient une montagne. Je me rappelle lors de mon dernier épisode dépressif à quel point tout me paraissait insurmontable. Faire les repas et l'épicerie étaient parmi les pires épreuves, je ne savais jamais quoi manger ni avais envie de cuisiner. Je t'ai déjà dit que ça passait, la vitalité revient. Mais malheureusement c'est souvent plus long qu'on le souhaiterait. Faut laisser le temps au cerveau meurtri de guérir. faut faire preuve de compassion envers soi même, faut accepter cette pause forcée.

Courage Suegag, lâche pas.
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Salut Isa,
Tu as raison, le manque de vitalité... Et de plus en plus.

Je relis mes posts et je réalise que ma situation actuelle est vraiment similaire à celle que je vis depuis quelques semaines. Sûrement depuis décembre. Mais j'ai l'impression que ça empire, mais finalement, on dirait que c'est plus un statu quo qu'une détérioration. Je suis quand même en diminution graduelle du latuda. J'espère que cette cochonnerie ne m'a pas scrappé les neurones.

J'ai du mal avec le temps que ça prend pour aller mieux. Ça me semble interminable. Je me sens comme en burnout de ma dépression. Je baisse les bras, sans pour autant abandonner le combat. Mais je me repose. Je dors beaucoup, j'ai bien peu d'exigences, bien peu d'objectifs, ce qu'il faut pour vivre, sans plus. Le reste du temps est contemplatif.

Je sais que je devrai m'activer car je ne veux pas rester comme ça. Je n'ai pas juste moi à m'occuper. J'ai quand même une bonne journée à faire demain parce qu'il faut que j'aille à l'épicerie et que je prépare la fête de mon fils, un magnifique garçon de huit ans. Alors je devrai prendre une douche. Ça fait beaucoup quand même d'autant plus qu'au lieu de me coucher une fois les enfants partis le matin, je devrai rester éveillée pour faire ma journée.

Je sais que je vais être capable parce que j'ai gratté mon entrée avant hier. Une entrée de 4 autos alors... Plutôt qu'issue d'une fatigue, mon inaction c'est de la lassitude et une absence de pulsion généralisée qui me cloue au lit et m'amène à fuir dans le sommeil. C'est difficile d'avancer quand c'est comme ça mais ça se fait. Ça sera certainement pas pire que de ne rien foutre. Je pense que ce sera un bon point de départ à une réactivation.

Il le faut bien, je ne peux pas rester comme ça. Il doit bien y avoir une manière de sortir du trou autre que les osti de pilules sinon ça fait pas de sens. Sans parler de mettre fin à cette interminable convalescence, je dois ben avoir le pouvoir à quelque part d'améliorer comment ça se passe!

Je dois aller à l'encontre de ce que je fais présentement. Je suis comme engourdie par l'inaction. Comme un membre immobilisé durant une certain temps, une fois replacé, il doit y avoir des exercices à faire. Et ben moi, les exercices à faire, j'ai décroché un moment donné. Je me suis écœurée. Et aujourd'hui je réalise que je me suis assez reposé. Et que ça allait mieux quand je me forçais à me mobiliser. Ça n'allait pas bien, ça allait mieux et aller mieux c'est mieux que rien. Il est temps de tranquillement me remettre en action. Et par là, il n'est pas uniquement question de tâches. Je dois aussi reprendre contact avec l'extérieur. Je me suis coupée de tout. Et je dois me pointer le nez dehors au moins 15 minutes par jour. Ça commence pas des devoirs et ça évolue vers des sources de mieux-être. Je sais, je l'ai déjà fait. Il faut créer les sources de bien-être, ça ne vient vraiment pas tout seul.

Je m'enligne comme ça et j'évalue l'évolution dans 7 jours.
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Une semaine plus tard, plus facile à dire qu'à faire.

J'arrive à rester éveillée après le départ des enfants. Mais le plus difficile c'est l'effort que ça prend pour me mettre en action. C'est lourd, j'ai l'impression que la gravité a plus d'effet sur moi qu'avant. Je suis quand même déterminée alors je les fais les efforts, tous les jours, je ne lâche pas. J'ai changé mon discours aussi. Aussi minime que la réalisation puisse être, je ne la trouve pas insignifiante. J'me met pas à sauter de joie et de fierté, mais je me donne une tape dans le dos. Des fois ;) Mais y'a pas à dire, il faut que la chimie travaille dans le même sens que moi parce que avancer à contre-sens, je n'en suis plus capable.

Autant d'efforts juste pour rester debout, pour ne pas tout perdre, sans faire de gains, c'est un chemin qui mène droit au suicide. Ça ne peut pas rester comme ça indéfiniment. Ma psy m'a dit que je devrai me rendre à l'hôpital si jamais je sens que je pourrais déraper. Ce n'est pas arrivé encore, mais y'a quand même une évolution au niveau des idéations et de la détresse quand ça arrive. Le scénarios qui s'est précisé, des fausses idées qui se mettent de la partie. Alors il ne faut pas se rendre trop loin dans une crise, appeler une ressource pour se ramener sur terre (ou se garder sur terre :lol: ), c'est super important.

Je ne l'écrit pas juste pour moi, au cas que quelqu'un lit.1-866-appelle. La mort est une conséquence grave de la maladie. Les idéations suicidaires sont des symptômes. Et il y a une manière de s'en occuper. Aujourd'hui je sais que je pourrais passer à l'acte sans vraiment le vouloir, juste parce que je suis dans une crise. Il ne faut pas niaiser avec ça, ne pas avoir honte.

Ma psy m'a complètement libéré du latuda!!!! Grosse intolérance pour moi. Enfin je vais me débarrasser de ce mur (ou plutôt de l'éponge géante) qu'il y a entre moi et le monde. Aussi, augmentation du Wellbutrin, de 100mg à 150mg à partir du 4 mars et 300mg 1 semaine après. Et finalement, risperdal au besoin, contre l'anxiété. Alors voici le nouveau cocktail qui devrait me libérer des griffes de l'enfer :lol: .

Ma psychiatre m'a suggéré ce plan de match pour me donner de "l'étincelle" :) C'est vraiment cute comme manière de nommer les choses. Ça me fait penser au video clip Fireworks de Katy Perry... En moins intense, disons le.
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Une semaine plus tard...

Chaque semaine est ponctuée d'un changement de médication et d'un possible changement de mon état...

Je n'ai plus de Latuda dans dans mon corps, comme prévu. Je suis moins stone dans ma relation avec mon environnement. Le reste, c'est pareil, mais je suis contente de ne plus sentir cet effet là. Je me sentais distante de moi, anyway, c'était weird et je n'ai pas besoin d'ajouter du bizarre dans ma vie.

J'ai aussi débuté le wellbutrin 150 mg aujourd'hui, l'ajout de 150mg est prévu pour la semaine prochaine, alors j'ai beaucoup d'espoir dans ces changements là.

Aussi, c'est la relâche, je suis en congé de maladie et mes enfants ont un père. J'ai donc dégagé à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi pour m'établir dans une petite Auberge entre 2 mini-villages dans l'entre des Appalaches. Des montagnes gigantesques derrière et le fleuve devant.

Mon intention première était d'y dormir pendant 1 semaine et d'éviter la semaine de relâche avec les enfants. Je suis brûlée et ça m'a complètement vidée aux vacances de Noël. Ça et le Latuda.

Sur place, je me suis rapidement reproché de ne pas profiter de cet endroit bucolique pour aller marcher et rechercher des points de vue inoubliables, mais je ne suis pas là du tout. Je me suis remise à l'ordre aujourd'hui pour focusser sur mon intention première qui était vraiment de dormir et d'être loin de chez moi et de ma famille. C'est exactement ce que je fais. Alors à une prochaine fois Appalaches et fleuve gelé.

Ce qui est important pour moi (et je l'écris ici pour me le rappeler quand je vais revisiter mon cheminement, un jour, peut-être), c'est que j'ai pris la décision de me séparer de mes enfants pour 5 jours, ce que je ne m'aurais pas permis habituellement. J'ai le cordon assez rigide mettons.

Et aussi, j'ai fait face aux vulnérabilités de mon ex qui est doué pour me faire sentir comme de la marde et j'ai gardé en tête que la garde, je l'ai à temps complet et qu'il me doit amplement cette semaine là, alors qu'il jouit de la vie à 500 km de chez moi. Je me suis donc mise en premier.

J'aurais pu élaborer plusieurs raisons pour ne pas le faire, dont celle d'être trop malade, ou d'éviter les problèmes avec mon ex, mais je suis allé de l'avant. Ça c'est vraiment un bon coup pour moi.

Ma chambre est parfaite. Très minimaliste, pas de télé, lit super confortable. Pas de restaurant mais repas "tout fait" à chauffer au micro-onde sur place, barista et fruit/légumes frais au rez-de-chaussée. Pas de commerce à 100 km autour du site sauf un petit axep. Le silence, la paix. Je pars dimanche, j'aurai eu 4 jours de liberté à moi de moi.

Il est 15h00 et je ne stress pas pour le souper. Je n'ai pas eu à gérer milles conflits, à ramasser toute la journée, à attendre désespérément l'heure du coucher pour m'évanouir dans mon lit complètement dévastée. Je vais revenir en même temps que l'école ha ha ha!!! J'ai évité de passer toute la semaine de relâche chez moi. C'est vraiment le meilleur coup que j'ai fais depuis longtemps.
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