Le journal de suegag

(maniaco-dépression)
Suegag
Messages : 291
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Se sentir misérable... en fait, c'est une émotion qui découle de mes perceptions. Comment expliquer que je me sente aussi misérable ? Je pense que c'est parce que je suis trop exigeante envers moi-même et que je me fixe des objectifs irréalistes. Ho! Surprise!! (Sarcasme)..
Mes recherches m'ont conduite à prendre connaissance d'un guide d'autogestion de la dépression. Ça va me guider dans ce que j'essais de mettre en place dans mes difficultés à percevoir les choses plus positivement en me disant des objectifs réalistes et arrêter de me perdre dans tout ce que je pense que je devrais mettre en place pour me sentir moins poche.
Donc, le guide commence par l'explication des zones touchées par la dépression et propose de choisir 2 activités par semaine que je faisais avant et que j'ai laissé tombé. Dans 2 des 4 catégories il faut se réactiver et je suis le guide :) même si ça me semble plutôt ridicule...
je dois les faire même si je n'ai pas d'énergie et de motivation. Alors les objectifs se doivent d'être réalistes et faisables.
Alors pour cette semaine, j'ai choisi la catégorie soins personnels et activité de ressourcement. Une douche aux 2 jours et une marche en nature. Ça ne peut pas faire de mal.
Autrement, mon 24h à la fois et l'acceptation.
Suegag
Messages : 291
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Rendez-vous avec ma psy aujourd'hui. Sevrage de lamotrigine et introduction de l'épival.
J'ai la chienne.
Suegag
Messages : 291
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Ouf que c'est difficile. Ces jours-ci, ce qui me pèse, c'est la solitude. Je pense que c'est ce qui est le plus difficile à accepter. Je suis complètement isolée.
J'arrive quand même à respecter mes 2 objectifs de la semaine. J'avoue que ça m'aide de m'activer . Aujourd'hui, c'était jours d'hygiène, prendre soin de mon apparence... ça me déprime moins de penser aller à l'épicerie. Même si le masque va couvrir mon make up, au mois je sais que je me suis soignée. J'ai même épilé mes sourcils!
Je pleure moins, j'arrive à me plaquer un sourire dans la face. Ça reste éprouvant. Parfois décourageant. C'est plutôt de l'écoeurement. L'anxiété est plus présente, probablement que le changement a un impact... en autant que ça ne me colle pas après.
La motivation n'y est pas ou presque. Mais les intérêts reviennent.
Je reste plutôt triste, mais je peux rire. Les objets que je me suis procuré durant mon hypo me ramènent à des sentiments de culpabilité. Mes flash sont modérément revenus, parce que c'est difficile et que je suis tannée. Au moins, ce n'est pas toujours là. Des fois je trouve ça relaxant, ça dépend. Ces jours-cj, c'est plus morbide. Mais je n'ai pas peur.
Globalement, si je pense à d'où je suis partie dans cet épisode, je vais mieux. Et ça c'est encourageant! Je suis juste tannée de traîner ma peau. Mais ça va passer. C'est normal de souffrir quand on est blessé.
johey
Messages : 112
Enregistré le : 30 janv. 2020, 21:48

Re: Le journal de suegag

Message par johey »

Suegag a écrit : 18 sept. 2020, 14:04 C'est normal de souffrir quand on est blessé.
Oh oui!!
Aussi, le temps que l'on mets à guérir nous montre souvent la profondeur de la blessure.

Ne désespère pas d'avoir encore de la drive. Ça va revenir. Ton travail transparait dans tes écrits.

La solitude et le sentiment de solitude c'est différent.
Le sentiment de solitude vient souvent avec la dépression et la dépression isole souvent les gens et là, il peut survenir une autre solitude. Lourde.
Je sortais dans les grandes surfaces pour voir du monde. Répondais à un sondage téléphonique pour le plaisir de parler à quelqu'un. J'suis allé jusqu'à vivre des relations toxiques pour ne plus être seul. Des blessures par dessus d'autres blessures.

Je ne peux m'empêcher de songer que certaines personnes ont découvert la liberté alors que leur corps était en prison.

Je ne veux plus revivre la dépression, les pensées suicidaires, l'isolement, la souffrance ,la peur mais la vie étant ce qu'elle est, tout ca peut revenir. Je pense qu'il faut devenir fort et philosopher par rapport à ces choses. Et d'après moi, le pire ennemi c'est la peur.
Suegag a écrit : 18 sept. 2020, 14:04 Mais je n'ai pas peur.
C'est un état privilégié. Chéris-le.
L'être humain est capable de ne pas avoir peur d'avoir peur.
La peur est un signal d'alarme. Quelque chose doit changer pour éteindre ce signal.
Travailler simultanément dans les pensées, les émotions et dans le corps pour identifier la source de l'alarme et agir pour éliminer la source de l'alarme. Efficace.

Continue..
jobinr
Messages : 33
Enregistré le : 12 mai 2014, 23:14

Re: Le journal de suegag

Message par jobinr »

Rendez-vous avec ma psy aujourd'hui. Sevrage de lamotrigine et introduction de l'épival.
J'ai la chienne.

Je te comprend tellement car trouver LA RECETTE est a l,occasion un peu longue

MAIS AU MOINS IL Y A MAINTENANT DES MOYENS POUR GUÉRIR NOTRE HUMEUR

Ma maman a été pendant près de 25 ans sans lithium ( pas encore inventé ) ......je devait la faire hospitalisé souvent 3 fois par année !!!
Pour sa propre sécurité , elle devait entrer a l,hôpital contre son gré , autorisé par un juge que j,allait rencontré .

Moi par contre , j,ai eu ( comme toi ) LE PRIVILÈGE D,AVOIR LE LITHIUM ( ou ton futur stabilisateur d,humeur )
car je suis A MON TOUR DEVENU BIPOLAIRE COMME MA MAMAN !!!

A te lire je me sens content de voir par tes écrit : COMMENT NOUS BIPOLAIRE AVONS L,HUMEUR A SOIGNÉ , MAIS L,INTELLIGENCE DÉVELLOPÉE

P.S. pourquoi te pressé pour remonté la cote ( guérison ) tu vas arrivé moins essoufflé en haut !!

la grande majorité des bipo ont une belle vie avec leur stabilisateur approprié .............
Suegag
Messages : 291
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Ha mes confidents, vous êtes tellement inspirants!

C'est vrai que la blessure est profonde. Je n'ai jamais été stable au fond... J'ai nié le diagnostic durant 20 ans. J'avais attenté à ma vie à trois reprises. La dernière fois, j'ai traumatisé ma famille. Je me suis promis que plus jamais ça arriverait. C'est vraiment pas facile de rester en vie pour vrai. Durant ces 20 années, j'ai eu la vie dure. Toujours au combat. Personne ne sait dans mon entourage, à quel point je me suis battue pour gravir les échelons. Avec les variations d'humeur que j'arrivais à contenir, à endurer, luttant pour rester en vie. J'en ai couru un coup, jusqu'à ce que ça fasse mal. Maudit que ça me défoulait. Des épisodes mixtes, semblerait que c'est ce qui a caractérisé mon parcours. Des dépressions full agitées. C'était souffrant, je l'ai nié. Je me suis malmenée. J'ai tout de même cumulé les succès, je ne sais pas comment j'y suis arrivée. Je pense que je suis vraiment une battante. Je vais jusqu'au bout tout le temps. Au bout de moi-même. Puis là, je suis toujours au bout. Après, y'a rien.

Moi aussi mon père était bipolaire. Mais tout ce qui pouvait le traiter, c'était le lithium. Mais comme il ne le tolérait pas, les séjours à l'institut se succédaient. Hé oui, au final, ma mère devait aller chercher une ordonnance de cours pour le faire hospitaliser contre sa volonté. À l'époque, tout ce qu'il avait comme "contention chimique", c'était l'haldol, un véritable poison. J'ai fait une ts avec ça quand j'avais 13 ans et ça m'a mis dans un sale état. Des contractions musculaire généralisées. Quand mon père prenait ça, il était vraiment zombis, la souffrance était imprégnée dans son visage pendant qu'il était presque inanimé. Juste des yeux implorants, des larmes qui coulent, des lèvres qui peinent à prononcer le moindre mot... Foutue maladie.
Et malgré tout, il s'en est sorti. Non pas sans écorchures. Faillites, alcoolisme, toxicomanie, dépressions, manie..
À côté de ça, je suis vraiment épargnée. Mais ça fait quand même trois ans qu'on cherche la recette.

Aujourd'hui je suis sortie avec mon fils. Dans un verger, rien de moins. Je me traînais mais j'étais entourée de pommiers. J'ai été touchée par la beauté de l'endroit. J'ai de la gratitude pour ce moment et je suis fière de moi.

C'est vrai que les jours sans peur sont à chérir.. J'ai tellement été terrifiée sans savoir pourquoi. C'était y'a 2-3 ans, les premiers mois de ma dépression. Je faisais les cents pas derrière chez moi, en panique totale. C'est une période très difficile que j'ai vécu. Le genre de truc que tu veux oublier.. Mais faut savoir d'où on vient. Moi je viens du fin fond du trou d'cul de la terre comme on dit. Ark, j'espère vraiment que plus jamais je visiterai cet enfer. Je ne sais pas si je pourrais sortir de ça vivante à nouveau. Vaut mieux ne pas y penser.

Peut-être que je me presse à monter la côte. Mes 24 heures se succèdent, j'accepte. Je me ramène au présent. Je valide mes émotions négatives, je les accueille. Mais c'est le jour de la marmotte. La même chose, jour après jour. Des trucs s'améliorent, d'autres pas. Mon humeur ne s'améliore pas. Je suis déprimée. Alors je m'active et j'éprouve des émotions positives, ça aide à passer au travers mes journées, mais je suis déprimée encore et toujours. Et c'est précisément ça qui me pèse. La tristesse, l'hypersensibilité, l'âme à vif. Je voudrais juste que ça soit un peu plus léger. J'aimerais avoir une meilleure humeur, ne serait-ce que quelques heures par jour. La seule chose qui m'apaise réellement, c'est d'expirer en imaginant que c'était le dernier souffle. C'est déprimant. J'ai une machine à déprime dans la tête. J'aimerais juste pouvoir m'apaiser, avoir une pause en dehors de moi. Mais c'est trop demander. J'ai de la gratitude pour ce que j'ai, pour ce que je peux. Mais j'aimerais vraiment me détendre, pour vrai, juste quelques heures. Comme je pouvais le vivre avant en partant dans mon imaginaire, dans mon safe place. Je suis tannée. Et triste. Et là maintenant, je vais me coucher avec mes drogues pour m'assommer. Parce que mon sommeil est anarchique alors... épuisée et incapable de trouver le sommeil. Et je pourrais dormir toute la journée. Et y'a 1 semaine ou deux, j'étais plus souvent endormie qu'éveillée. Ça doit être la transition du changement de médication...

Bon courage xxx
Suegag
Messages : 291
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Une journée neuve. Je vais la diviser en 3 sections: le matin, le midi, le soir.
Ce matin, je vais faire du rangement, tranquillement, en écoutant un de mes films préférés d'une oreille distraite. Je ferai ça. Une tâche à la fois. Sans penser à la prochaine. C'est comme ça que je vais vivre ce matin.

Bon courage xxx
Itsabell
Messages : 1050
Enregistré le : 21 août 2016, 23:25

Re: Le journal de suegag

Message par Itsabell »

J’aime beaucoup te lire suesag. A travers tes hauts et tes bas tu trouves toujours un petit espoir positif. Je vais faire comme toi, prendre une journée à la fois (j’envie tous ceux autour de moi qui pètent le feu et déborde d’énergie... moi ce n’est plus le cas)
Suegag
Messages : 291
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Merci ma chère. Moi aussi ça m'a affecté aujourd'hui. Il faisait beau ici et j'entendais les gens, les enfants, s'activer et profité de la journée...
Hé bien moi aujourd'hui, j'ai enduré. Me semble que ça ne me fait pas le changement de médication... tk
J'ai réussi à me traîner. J'ai pris ma douche, malgré tout, parce que c'était un de mes objectifs cette semaine.
La journée se termine, c'est vraiment difficile. J'ai de la peine, j'ai la gorge serrée, j'ai la nausée.
Ceci étant dit, cette journée est indépendante de celle de demain. Ça me fait du bien de le penser, parce que j'ai ces pensées comme quoi c'est perdu d'avance, je ne m'en sortirai jamais, et c'est déprimant.
J'ai réalisé mon objectif d'hygiène et celui de marche en nature. C'est super parce que je ne l'aurais pas fait si ça n'avait été de cet engagement de le faire même si ça me tente pas, même si je ne suis pas motivée. J'ai décidé de maintenir ces objectifs cette semaine. Une marche en nature et une douche aux 2 jours. Je vais aussi en ajouter 1, celui d'appeler quelqu'un, ami ou famille. Alors je suis fière d'avoir avancé malgré tout.
J'ai mal mal mal mal mal mal mal. Ça va passer c'est sur. Ça ne peut pas être autrement. Un jour à la fois, parce que dans l'avenir, y'a plein de trucs que je crains ne jamais pouvoir reprendre, surtout le travail. Mais quand j'irai mieux, ça me semblera plus possible. Sûrement !

Bon courage xx et plein d'espoir xxx
Suegag
Messages : 291
Enregistré le : 25 juil. 2018, 18:42

Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Hé bien aujourd'hui, ce n'était pas le jour de la marmotte. J'ai eu de l'énergie et de la motivation. J'ai poussé un peu la note et j'ai payé pour. Mais au moins, ça m'a donné un regain. J'ai connu une petite passe d'anxiété, mais j'ai réglé ça plutôt que de m'enfoncer dedans. J'ai été capable de faire ça. Je devais passer un appel et tout d'un coup je me suis mise à me sentir malade. J'avais envie d'aller me coucher, de fuir dans le sommeil. C'est fou la vulnérabilité quand même. Finalement, je me suis ressaisis et j'ai passé mon appel. Et après j'étais full contente, comme si je venais de mettre le point final à un gros rapport au travail. Les petites victoires, les petites joies, ça fait une différence.

Le fait que je sois fière de moi dans d'aussi petites choses, ça me dit que j'accepte plus mon état. Avant' je me serais vraiment jugée d'avoir autant de mal à faire ça. Ou bien je me serais découragé d'être à ce point dysfonctionnelle. Mais la, j'assume ce que je vis avec humilité et je reconnais l'effort que ça prend pour faire face à ce genre de trucs. Je m'adapte à la dépression. J'avance avec elle plutôt que contre elle. Je l'accepte. C'est impressionnant le travail qu'on peut faire sur nos perceptions. Ça vraiment un impact sur comment je prend les choses. Je ne me remet plus en question, mais je remet en question ce que je pense. En tous cas, j'ai plus de compassion envers moi. Tout n'est pas gagné, mais je sens des changements plus profond. Ce n'est pas juste une diminution de symptômes.

L'histoire de 2e vague m'a rentré dedans solide. Déjà que je voyais pas grand monde... Ça m'inquiète ce qui se passe. C'est de l'inconnu. Va dont savoir ce qui nous pend au bout du nez. On a pas tant d'expérience en pandémie disons. On apprend sur le tas. Mais la, ça regarde bien mal. En tous cas, ça ne donne pas le goût de sortir!

Je fini cette journée satisfaite. J'ai beaucoup de gratitude d'avoir pu vivre ça aujourd'hui. Un mieux-être. Je ne le prend pas pour acquis. Ça ne veut pas dire que ce sera la même chose demain, mais je vais m'en rappeler. C'est un signe que les choses se placent, que ça va vers le bon sens.

Bon courage, y'a de l'espoir!
Répondre