Le journal de suegag

(maniaco-dépression)
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Merci Johey,
Je pense que les idéations étaient des idées parasites. Ça fait du sens. Est-ce qu'un médicament peut favoriser ça?
En tous ca, c'est soulageant. Je pense que ça m'arrive aussi avec la musique parce que j'ai régulièrement 3 ou 4 chansons simultanées dans ma tête. Et y'a rien à faire, je suis prise avec.

Aujourd'hui j'ai avancé 1 heure à la fois et ça m'a aidé. J'ai fait plus que ce que je croyais faire en début de journée.

J'ai pensé à ma vie, à mon parcours, à mes bilans. Je fait mon deuil. Je n'espère plus. Je ne suis pas capable d'espérer pour vrai.

Ma psychiatre ne peut plus me suivre. Je ne veux pas poursuivre avec quelqu'un d'autre. Y'aura jamais de bonne recette, j'ai pas mal fait le tour. Ça fait trop longtemps que je suis malade, je vais rester comme ça. Je vais devoir vivre comme ça.

Je lâche prise mur à mur. Je vais poursuivre mon suivi avec mon intervenant. Je trouverai une boulot plus facile. Je travaillerai à temps partiel. Je vais revenir à l'essentiel des choses. La simplicité volontaire.

Je vais me simplifier ma vie le plus possible. Je ne retournerai jamais dans cette vie que j'ai perdu. Je dois changer de cap.
Yody
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Re: Le journal de suegag

Message par Yody »

Bonjour Suegag,

D'après moi tu manifestes plusieurs choses dans ton message. Un aspect de la résilience. Capacité d'adaptation, acceptation de l'inacceptable. C'est un signe de santé je crois d'être capable d'accepter les changements qui s'imposent, avec sérénité quand on le peut.

J'ai fait mon deuil moi aussi de plusieurs choses que je faisais avant la déclaration de la maladie. Une chose cependant c'est que je n'ai pas perdu mon passé ni ma vie passée. J'ai perdu certaines facultés et capacités et je dois dealer avec d'autres formes de l'énergie. Je manifeste du pouvoir sur cette énergie là qui se présente à chaque jour. Je vis comme tu le mentionnes, dans une forme de la simplicité volontaire. Plus souvent heureux oui. Plus souvent des up fugaces.

La vie est considérée par plusieurs comme un parcours. Dans ce sens, notre passé fait parti de nous. De nos acquis. Nous avons fait ceci et cela et nous ferons autres choses dans un futur plus ou moins rapproché. Nous cumulons les expériences. Notre vis est un tout, pas une rupture constante. Les mutations sont comme avec un arbre, elles sont progressives. Sauf qu'il y a des fois des déracinements et c'est violent. Sinon, la douceur est de mise.

Sois douce avec toi même, des transitions progressives, QUI peut prendre soin de toi mieux que toi même?

Une autre remarque positive: j'ai changé de psychiatre alors que je ne voulais pas et c'est pour le mieux. Beaucoup mieux. Son approche est différente et mon bien être s'en ressent. Autre médication. Autre écoute. Autre philosophie.

Je vois une différence entre l'espoir et le rêve. Entre l'espoir et l'illusion. L'espoir est un moteur qui peut mener à l'accessible. Il ne faut pas le mettre de côté.
jobinr
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Re: Le journal de suegag

Message par jobinr »

salut suegag

Peu compositeur pour ma part !!

Ca me fait du bien de lire ta compréhension de notre maladie . Comme j,ai accepter pour ma part , a une étape de ma maladie , ne pas forcer a vouloir bousculer les événements pour guérir rapidement , ASSURÉMENT ce choix ma fait le plus grand bien Tout simplement ne pas RÉGRESSER était mon but .

Comme toi , j,ai du faire du ménage dans ma vie ...........et maintenant pleins de PETIT hight me rendre heureux .

salut ami bipolaire
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Salut vous deux,
Vous m'avez fait réfléchir pas à peu près. J'en retire du soulagement et de l'angoisse. Tout est bipolaire faut croire.

Ça m'a fait un grand bien de prendre un recul et de remettre les choses en perspective. Comme une bulle dans une vie. Une vie instable, mais marquée par plein d'amour. Un amour que j'ai retiré des autres, mais que je n'ai pas entretenu envers moi-même.

Ce n'est pas nouveau. Mes embûches me donnent le prétexte supplémentaire pour me détester. Alors que j'aurais tant besoin de compassion, j'agis avec moi-même avec méchanceté. C'est tellement enraciné, que je ne m'en rend pas compte. Mon thérapeute m'a invité à faire l'exercice conscient de faire des bilans, ou des arrêts pour noter mes bons coups. Je n'ai pas commencé, parce que je trouve ça niaiseu d'écrire mes bons coups. Et pourtant.

Je me sabote et je sabote ce qui peut m'aider. Je passe mon temps à constater l'ampleur du désastre dans ma vie, laissant pour compte ce qui est si joli. Le problème, c'est que dans ma tête, c'est moi le désastre. Et ce qui est joli, c'est à l'intérieur de moi que j'aimerais le trouver.

Pourquoi je m'en veux pour ce qui arrive? J'ai tellement eu ça dur les derniers mois, c'est correct d'être figée, d'être teŕrorisée à l'idée d'avancer. De toute manière, on s'en fou que ce soit correct ou pas, ce n'est pas là la question. C'est comme ça que j'ai encaissé les coups. Et là, j'émerge tranquillement du bordel.

Qui sait où ça va me mener...
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Mon énergie remonte tranquillement. Je trouve que c'est positif, j'aime que ça évolue. Y'était temps!!

Ça fait 2 jours que j'arrive à ne pas perdre patience avec les enfants. Je prend le temps de respirer et je me dit "est-ce que c'est essentiel de m'en faire avec ça". Ça aussi c'est positif. Ce qui serait encore mieux, ce serait de ne pas à ressentir cette tension en leur présence.

Je suis vraiment stressé et lorsque ça s'énerve autour de moi, j'ai quasiment l'impression de me faire agresser. Alors je vois bien que c'est exagéré.

Le matin, c'est difficile. Mon truc c'est de m'obliger à rester debout, ouvrir la radio et faire mon café. On dirait que je résiste à démarrer la journée.

J'arrive à maintenir une routine au niveau lavage-vaisselle-repas-ménage. Ça c'est aussi encourageant. Le prochain niveau serait de nettoyer la cuisine après le souper, pour ne pas avoir à le faire le lendemain matin.

Il m'apparaît de plus en plus évident qu'avancer me stress beaucoup. Comme si j'avançais dans une maison hantée. C'est ce qui me paralyse la plupart du temps. Mais pour les trucs qui sont devenu routiniers, c'est plus facile.

La peur d'avancer… C'est la peur de quoi au juste? Qu'est-ce qui risque d'arriver à part vivre, être, exister?
Yody
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Re: Le journal de suegag

Message par Yody »

Suegag a écrit : 06 oct. 2020, 12:19 Il m'apparaît de plus en plus évident qu'avancer me stress beaucoup. Comme si j'avançais dans une maison hantée.
Tu es prête pour Halloween!! :lol:

Plus sérieusement je me demande ce que tu veux dire par avancer... Quel est le sens que tu donnes à ce mot dans le contexte?
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

😂😂😂 est bonne :)


Avancer: dans le sens que si je veux me mettre en action, j'ai pas envie d'aller de l'avant. Ça me rend anxieuse, j'essais d'éviter, de remettre à demain. Même si j'ai l'énergie, je reste enfermée chez moi. Que ce soit pour prendre ma douche, préparer mon souper, ramasser des feuilles dehors, aller chercher mon courrier, retourner un appel, aller à la pharmacie, à l'épicerie, appeler un ami. La tendance est de retarder, d'éviter. Et derrière ça, y'a de l'anxiété. Ce que je me dit, c'est que ça ne me tente pas. Mais c'est pas parce que t'as pas envie de faire quelque chose que tu vas être anxieux à l'idée de le faire ou à le faire tout simplement?? En tous cas, ça me questionne parce que avancer avec autant d'anxiété, ça prend pas mal de détermination. C'est comme nager à contre-courant ou avancer en freinant..
Suegag
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Re: Le journal de suegag

Message par Suegag »

Aujourd'hui, c'était difficile. J'étais tellement fatiguée! Ça m'a découragé.
Tout est allé de travers. J'ai traîné ma vie toute la journée. La pandémie me fait la vie dure. Je sais que je ne suis pas la seule. Mais je me plaint pareil. Je suis toute seule. Plus de conjoint, 2 enfants, famille au loin, en zone jaune, peu d'amis, tous en zone rouge. Je ne vois personne. Je suis complètement isolée (comme plusieurs, je sais) et je me sens tellement seule. J'aimerais revenir proche des gens. Leur sourire! Entendre des humains discuter dans un café. J'aurais jamais pensé me sentir aussi aliénée.
Je suis encore blessée de mes tendons d'Achille. Je prend des anti inflammatoires depuis hier. Ça s'appelle naproxen. 500 mg matin et soir. Je vais pouvoir reprendre la randonnée. C'est la seule activité qui me fait concrètement du bien.
La routine quotidienne me pèse encore et toujours. Tsé les tâches que t'haïs, ben lâ c'est une lutte chaque jour pour accomplir le minimum. J'aimerais tellement que ça soit moins lourd. Maudit niaisage. J'me donne tellement de la misère avec ça,,, j'me sens comme quand j'étais ado et que ramasser ma chambre était une injustice. Je pourrais vraiment faire ces tâches en 2 heures et ne plus y penser pour le reste de la journée... Mais juste y penser, ça me tue.
Ça m'écoeure chez nous. Mon ex a fait plusieurs travaux qu'il n'a jamais terminés. Je ne suis pas bien chez moi. Mais disons que j'ai choisi de "sauver les meubles" plutôt que faire faillite. Je ne pourrais pas vendre ma maison sans tout perdre. J'essais de relativiser les choses, mais ça ne marche plus. Je ne me sens vraiment pas bien chez moi. J'ai beaucoup de réorganisatio à faire. Mais je n'ai pas l'énergie, ni la motivation.
C'est plate à dire mais aujourd'hui, je n'y crois vraiment plus. Ça va rester comme ça. De la survie, une belle façade pis that'it. J'assiste impuissante au fiasco. Et je vais tenir le coup pour mes 2 petits. Ce n'est pas comme ça que je voyais mon avenir. Mais aujourd'hui, je suis dans mon avenir.
Fait que à soir, c'est comme ça. J'ai probablement abusé de mon regain d'énergie. Demain est un autre jour, une journée neuve. Si la vie veut me surprendre, je reste ouverte. Je sais que ce n'est pas toujours comme aujourd'hui. Disons que le covid me fait chier solide. L'isolement et la solitude, c'est lourd.
SACHA
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Re: Le journal de suegag

Message par SACHA »

ah! c'est plate suegag

comment te sens tu aujourd'hui... prend soins de toi... je t'envoie plein de belle ondes positive..
johey
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Re: Le journal de suegag

Message par johey »

Salut Suegag, c'est plate ce qui t'arrive en ce moment. Tes journées sont alourdies par la dépression.
J'ai pensé à te partager quelques choses en ce qui a trait au "ménage"..

J'ai quelques pistes ici, des sentiers de traverse:

Durant ma dernière dépression, sur les conseils d'un thérapeute, j'ai associé le ménage à une activité Zen et ressourçante plutôt qu'à une tâche obligatoire et servile.

Et je ne suis pas le seul à agir de la sorte.

La plupart d’entre nous vivons les séances de ménage comme des corvées. En effet, passer une partie de son week-end à faire des machines, à repasser, à passer l’aspirateur ou à astiquer les meubles n’est pas franchement très attrayant et divertissant. Cependant, il est possible de modifier notre vision du ménage pour en faire un moment zen... dans les pays asiatiques, le ménage n’est pas une activité négative ou réductrice, là-bas, c’est une pratique qui permet de faire circuler les bonnes énergies dans sa maison et de rétablir les équilibres. Faire les tâches ménagères, c'est aussi nettoyer son esprit des choses encombrantes et revenir au moment présent. Il est donc possible de suivre ce chemin en utilisant quelques techniques simples.
https://www.zeniaka.com/blogs/solutions ... estant-zen

Dans un autre article plus complet on parle de différents points de vu sur la chose.
https://www.reussirmavie.net/Faire-le-m ... a1363.html
Eux ils en parlent comme d'un remède anti-stress. C'est très intéressant.

Faire du ménage est devenu une activité normale que j'ai appris à apprécier. Mon logis n'est pas impeccable, je suis un peu brouillon mais c'est propre. Je fais cycliquement le tour de toutes les pièces de sorte que je me sente bien chez moi. Je fais la vaisselle chaque jour, la balayeuse une fois la semaine environ ou quand c'est nécessaire (j'ai un chat alors des fois...). J'y vais pour me sentir bien et pas plus.

Je suis un père monoparental alors je connais la pression des enfants et des horaires. C'était impossible de faire le ménage et de passer à autre chose. Je devais intégrer les tâches dans la routine. La laveuse et la sécheuse roulaient durant le souper, hé oui, les jeunes rangeaient leur vêtements que je placais sur leur lit, travail d'équipe, obligé, s'ils rangeaient tout croche s'était leurs problèmes, pas le mien. Leur chambre ne devaient pas avoir de vêtements sales qui trainent. Le reste c'était leur monde pas le mien. Ça fonctionnait à 90%. Les lits ne se faisaient pas et ca m'a jamais causé de problème. Les maisons Décormag ne m'ont jamais inspiré de toute façon. Pas quand j'avais la garde de mes jeunes. Aujourd'hui ils ont dans la trentaine et s'en sortent très bien. Leurs logis leur ressemblent. C'est leur monde.

J'y suis allé comme j'ai pu et non comme j'ai voulu. Il est possible que tu te mettes trop d'exigences aussi. Avec de jeunes enfants les maisons immaculées c'est un peu un mythe non?
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