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Re: Le journal de suegag

Posté : 12 janv. 2020, 02:45
par Suegag
Quand je suis arrivé chez moi hier, mon conjoint n’était plus là. J’ai trouvé, sur le comptoir de la cuisine, son cellulaire, son portefeuille, et une note d’adieu. Pour moi, c’était évident qu’il était parti se suicidé. Il était 3h30, les enfants revenaient de l’école 15 minutes plus tard. J’ai appelé la police, j’ai collaboré, j’ai senti que les efforts étaient déployés pour le retrouver. Pour les enfants, ça été traumatisant. De la famille et des amis sont venus prêter main forte. Il a été retrouvé à 11h00 ce matin. Il a parcouru une dizaine de kilomètres après être demeuré 12 heures étendu sur la neige dans un boisé. Il voulait mourrir d’hypothermie.
Apprendre qu’il avait été retrouvé m’a fait l’effet d’apprendre que j’avais gagné 20 million de dollars. Il est en sécurité à l’hôpital. Je suis sous le choc. À suivre...

Re: Le journal de suegag

Posté : 12 janv. 2020, 17:08
par Izaza
Pauvre toi... c’est très triste tout ça... j’espère qu’ils prendront bien soins de lui à l’hôpital car il a assurément besoins d’aide et de soins.. je t’envoie de l’énergie pour surmonter cette épreuve...reviens quand tu veux si tu as besoin de ventiler ou parler, nous sommes là.. attention à toi dans tout se tourbillon.

Re: Le journal de suegag

Posté : 12 janv. 2020, 20:05
par isa456
Je comprends que tu sois sous le choc.. et soulagée de l’avoir retrouvé sain et sauf. Souhaitons qu’il prenne du mieux et retrouve le goût de vivre. Toute une épreuve pour la famille. Reviens nous donner des nouvelles

Re: Le journal de suegag

Posté : 13 janv. 2020, 08:27
par Ouena
Bonjour Suegag, juste un petit mot pour dire que nous sommes avec toi et ta famille, prend bien soin de toi, je te souhaite une bonne journée, un jour à la fois, une minute à la fois.

Re: Le journal de suegag

Posté : 13 janv. 2020, 12:46
par Revivre
Bonjour Suegag,

Ce que tu as vécu est ébranlant pour toi et pour ta famille, sache que tu n'es pas seule. Je suis heureuse que ton conjoint puisse recevoir l'aide nécessaire, et aussi que tu aies ressenti ce soulagement en le retrouvant. J'imagine que les émotions d'inquiétudes redescendent peu à peu, et c'est possible que tu aies besoin d'être entendue à ton tour. La santé mentale peut parfois amener certaines personnes à perdre le chemin de l'espoir et vouloir trouver une façon de cesser la souffrance. C'est une perception qui n'est pas relié à personne, mais bien à une perte de repères. Tu as été un pilier, et c'est aussi important que tu puisses sentir que d'autres sont derrière toi dans ces moments difficiles. Maintenant, une équipe médicale s'occupe de pouvoir assurer un cadre le temps que la poussière redescende. Les émotions peuvent être à vif pour la famille dans les prochains temps.

Sache que Revivre est aussi présent pour les proches, n'hésites surtout pas à cogner à notre porte par courriel, téléphone ou encore sur le forum, en privé. Si tu es proche de Montréal, les groupes de soutien sont aussi accessibles. Cela donne un moment de souffle pour être accompagnée.

Ligne de soutien:
1-866-REVIVRE
Courriel:
revivre@revivre.org

C'est important de soutenir ces piliers, tel que tu es, dans les moments les plus sollicités par les proches qui sont plus envahis par des symptômes. Prendre un temps de recul, faire un appel de soutien, faire un activité qui vivifie, c'est aussi prendre soin de la famille.

Tiens bon,

Christine
Intervenante

Re: Le journal de suegag

Posté : 14 janv. 2020, 16:28
par Suegag
Mon conjoint a été retrouvé vers midi le 12 janvier. Les enfants sautaient de joie et couraient d’un bout à l’autre de la maison. Quel soulagement!!!
Je suis allé à l’hôpital pour le voir. J’ai braillé ma vie à son chevet. J’ai cru ne plus jamais le revoir. J’ai cru que je devrais annoncer une bien pire nouvelle que celle que je leur avais donné la veille.
Il a rencontré le md de garde à l’urgence, puis le psychiatre le lendemain. Il a été référé à l’hôpital de notre secteur, puis il a vu un autre psychiatre. Il a ensuite été référé dans un centre de crise, duquel il peut sortir et entrer à sa guise...
il va bénéficier de cette ressource court terme puis voilà. Il va attendre 6 mois pour voir le psychiatre en externe puis voilà. Pour le reste, je ne pourrai pas être là. Pas parce que je ne veux pas, c’est que je ne peux pas. Il faut que je prenne soin de moi et des enfants. Il faut que je m’organise sans lui. Que j’arrête mon progressif au travail et que je retourne plein temps en maladie.
Pour vrai, je suis épuisée, lessivée, bouleversée...........
J’ai dormi toute la journée, au diable ses bobettes, il les auras quand je pourrai lui apporter. En attendant, qu’il s’organise avec ce qu’il a, c’est bien ça que je fais de mon côté.
Je ne sais pas si je vais arriver à passer au travers. C’est tellement décalissant comme situation. Pis la vie continue! Y’a fallu que j’envoie les enfants à l’école hier matin, et que je les accueille à leur retour... vider le lave vaisselle, le remplir à nouveau, starter une brassé, laver les planchers de la bouette des bottes des policiers, qui se sont investis dans les recherches. Que je lave les vêtements de mon amour dans lesquels il devait mettre fin à ses jours. Je suis encore sous le choc. Je suis épuisée. Et j’ai ce maudit symptôme de bipo qui fait que les idées me tournent en tête à une vitesse folle. Je me sens régresser et j’ai peur pour mes enfants.
Mais mais mais... c’est probablement juste normal de me sentir comme ça. On verra dans 2 semaines si ça ne va pas mieux. Un jour à la fois. À suivre...
Merci pour les encouragements, ça fait vraiment la différence.

Re: Le journal de suegag

Posté : 15 janv. 2020, 08:07
par Ouena
Ouf, je te comprend d'être fatiguée et inquiète. Tu as raison un jour à la fois, tu as une attitude de gagnante malgré tout. Oui c'est difficile de voir que la vie continue,j'ai vécu une situation de crise l'an passé, bien moins intense que ce que tu vis actuellement mais je te comprend un peu. Nous sommes là pour ça se soutenir et se comprendre, n'hésite pas à aller chercher de l'aide professionnelle (je ne sais pas si tu as un suivi), c'est une situation difficile, c'est normal de vivre ce que tu vis et encore plus de recevoir de l'aide. Nous sommes là, tu n'es pas seule.

Re: Le journal de suegag

Posté : 15 janv. 2020, 10:15
par Itsabell
Ouf... c’est étrange de te lire... c’est comme si je voyais l’impact que ma niaiserie a sur l’entourage... désolé pour la situation.

Re: Le journal de suegag

Posté : 15 janv. 2020, 20:39
par Suegag
Mon petit coin à moi. C’est ce que je retrouve ici. Et si j’avais mis mes limites avant, ce partenaire aurait eu des soins bien avant.
Au lieu de ça, j’ai décidé de me sacrifier et de me garder un tout petit coin. Jusqu’à ce que je tombe en dépression monumentale. Parce que j’avais laissé aller mon minuscule coin, aussi gros qu’un point. Mon point, je l’ai agrandi peu à peu en augmentant ma consommation. Puis je l’ai agrandi encore en diminuant ma consommation. Puis j’ai continué à agrandir mon point, avec pleins d’autres choses bonnes pour moi, jusqu’à obtenir un petit coin. Sauf que cette fois-ci, j’ai continué jusqu’à me rendre à un petit jardins.
Je suis revenu à ce point d’agrandir mon bébé coin. Avec la consommation. Et je veux retrouver mon jardin... et j’ai l’impression que ce sera conditionnel à ce que le père de mes enfants reste en vie.
Mon psychiatre m’a remis en invalidité pour 2 mois.

Re: Le journal de suegag

Posté : 16 janv. 2020, 00:43
par Suegag
Juste pour répondre à Christine à souffler un peu... je suis ensevelie sous les décombres d’un homme malade. Il m’a amené avec lui dans sa descente au enfer. Bon, ça c’est le premier point.
Un autre point, merci Christine pour ton message, je l’ai lu 2 fois et je le relirai encore.
Ça me fait du bien d’entendre quelque chose pour moi, et non pas pour mon partenaire. Je suis en colère contre lui et c’est vrai que je ne dois pas prendre ça personnel. Il faut que je garde ça en tête.
Une minute à la fois.