Stagnation

(maniaco-dépression)
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DemiLiard
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Stagnation

Message par DemiLiard » 29 août 2019, 23:22

J'ai un grand manque de motivation... Il y a un temps déjà 3.14R dans le post du café avait encouragé les lecteurs à se lancer, et je n'agis que maintenant. Ça fait longtemps que je n'écris pas bcp sur le forum même si je le lis en grande partie. Ça fait encore plus longtemps que je n'ai pas écrit pour un problème personnel. Ce n'est pas que je vais particulièrement bien, juste que j'ignore quoi essayer, quoi changer pour améliorer ma situation de vie, donc en attendant je me laisse un peu porter par le courant, avec quelques élans parfois mais aussi quelques creux sans trop être dans des extrêmes qui provoqueraient une grande réaction. Ma principale victoire est que ça fait 3 ans depuis ma dernière hospitalisation après 5 ou 6 hospitalisations plus un séjour au centre de crise en moins de 5 ans. C'est un répit d'hôpital qui m'a été très soulageant puisque c'étaient quasiment toutes des expériences démoralisantes, principalement à cause de le salle d'isolement et de la contention, qui ont éteint ma flamme intérieure si je peux dire. Je suis content d'avoir mis un peu de distance entre ces expériences et le présent mais je prends en note de mentionner à mon psychiatre que je ne considère pas ma situation actuelle satisfaisante à long terme. Si je n'avais pas espoir que ça pourrait s'améliorer un peu, je trouve que ça ne vaudrait pas la peine...

J'ai l'impression dans mes derniers rendez-vous avec lui qu'il est un peu expéditif. On dirait que de la façon que je lui parle et que je réponds à ces questions spontanément il minimise ce que je vis alors qu'en prenant le temps d'articuler ma pensée, par écrit, ça me semble plus compréhensible.

L'un de mes problèmes principaux en ce moment c'est l'ambivalence, donc p-ê qu'écrire ce message est un bon premier pas.

blondebleue
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Re: Stagnation

Message par blondebleue » 30 août 2019, 00:31

Demi contente de te lire. Écrire c’est déjà t’activer.

En février j’ai écrit un courriel à mon psychiatre pour exprimer des choses que je ne me sentais pas capable d’aborder pendant un rdv. J’avais même annulé un rdv. Eh bien il m’a répondu ! J’écris sur mon cell ce que j’ai à dire ou demander avant chaque rdv. Une liste. Quand il me demande si j’ai autre chose à dire je regarde ma liste. Il a compris que je fonctionne comme ça. Pourrais tu arriver avec ta liste?

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3.14R
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Re: Stagnation

Message par 3.14R » 31 août 2019, 21:50

Bonjour Demiliard, je suis bien content de lire ton témoignage. Il y a une sorte "d'accalmie" dans les hospitalisation, ça, c'est précieux. Signe que la maladie est sous contrôle. Mais il semble te manquer quelque chose pour te starter. Une étincelle quelconque pour mettre le feu au moteur.
DemiLiard a écrit :
29 août 2019, 23:22
L'un de mes problèmes principaux en ce moment c'est l'ambivalence, donc p-ê qu'écrire ce message est un bon premier pas.
Je suis vraiment en accord avec l'idée que l'écriture est un bon premier pas. Même plus, c'est un allumeur de feu de première nécessité pour qui se cherche et en plus, l'écriture fournit le combustible une fois le feu allumé. En ce sens, écrire est un processus. Tu commences à partir de n'importe où autour de toi. On écrit à partir de soi même. Pas autrement. Alors forcément on se rencontre et cette rencontre nous permet plusieurs choses et nous offrent une infinie variété de découvertes. Pour moi c'est le plus puissant levier de prise en charge que je connaisse. Un peintre dirait que c'est la peinture, un musicien que c'est la musique. Vas y selon ce qui vibre le mieux pour toi.

C'est quoi tu veux dire en écrivant que l'un de tes problèmes principaux en ce moment c'est l'ambivalence? Pour moi le mot ambivalence vibre dans la sphère d'idée du genre: tu as comme deux choix, deux avenues, deux sentiments et il y a une forme de déchirement à l'intérieur de toi. Mais tu ne l'as pas nommé alors je tente de deviner. Pas très bon à faire: tenter de deviner.

Si tu le sens, tu nous diras c,est quoi qui te tiraille vraiment.

en attendant de te lire je te souhaite quelques moment de répit, de la paix et tout ce qui vient avec.
à bientôt j'espère

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Re: Stagnation

Message par DemiLiard » 06 nov. 2019, 01:10

Ça fait déjà plus de deux mois depuis que j'ai commencé ce topic, le temps passe vite.

Merci de vos réponses Blondebleue et 3.14R.

Pour les rendez-vous avec le psychiatre j'y allais déjà par liste mais plutôt en fonctionnant par priorités. Mais il prend quand même le temps de répondre lorsque je dis que j'ai d'autres questions. J'imagine que c'est à moi de prendre plus ma place pour passer à travers la liste au complet :P Je retiens l'idée de la lettre/courriel au lieu de compter uniquement sur le moment du rdv.

Pour l'ambivalence je ne pensais à rien de précis, seulement que j'hésite souvent lorsque j'ai une décision à prendre. Des fois je peux procrastiner au point que la question se résout d'elle-même puisqu'un des choix s'élimine avec le temps. Quand je réussis à prendre une décision, ça demande bcp d'effort et de motivation. Pour résumer je dirais que c'est un tiraillement entre activité et inactivité.

Sinon 3.14R j'ai remarqué dans d'autres topics qu'on partage le problème du sommeil excessif, problème inverse à bcp de gens de nos jours je crois. Moi je dors systématiquement des 12h et lorsqu'il arrive que j'en dors 10 je ressens une grande fatigue au bout de 3 à 5h et je dois retourner me coucher... Je calcule que ça me laisse 75% du temps d'éveil de qqun qui dort 8h. C'est difficile d'être productif rendu-là. Par exemple, qqun qui travaille 8h dans une journée, plus le temps pour manger, se préparer, se déplacer, en plus de 12h de sommeil, ça semble très serré. Le 4h à gagner d'éveil me paraît essentiel pour arriver à travailler un shift de 8h. La luminothérapie serait une avenue à explorer de mon bord également.

J'essaie tjrs de terminer mon programme car c'est ma seule chance d'avoir un bac. Il me reste deux cours sur trente. Je suis chanceux car à l'UQAM les cours du matin commencent à 9h30 et sont évitables puisque mon programme est assez gros et qu'on a bcp de latitude dans les choix de cours. Par contre je me suis promis que ma prochaine formation devait mener directement à l'emploi. J'envisage présentement une technique car j'ai déjà complété les cours généraux et je crois que c'est un niveau où j'ai plus d'acquis en plus que ce serait dans un programme dans lequel j'aurais plus de prédispositions (domaine mathématique VS littéraire actuellement, que je trouve pertinent mais difficile). Mais je dois d'abord surmonter le problème du sommeil, sans quoi ce projet me semble irréaliste (les cours au cégep peuvent commencer à 8h).

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3.14R
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Re: Stagnation

Message par 3.14R » 08 nov. 2019, 05:12

DemiLiard a écrit :
06 nov. 2019, 01:10
Moi je dors systématiquement des 12h et lorsqu'il arrive que j'en dors 10 je ressens une grande fatigue au bout de 3 à 5h et je dois retourner me coucher...
J'ajouterais, comme j'en ai parlé dans Le Café, que durant mes périodes d'éveil, je ne suis pas si équilibré que ça non plus, pas un modèle de zénitude. Je tend vers ça mais je ne suis pas arrivé au bout de mes peines.

En effet, en dormant autant, il ne reste plus longtemps pour vivre dans le monde du travail tel qu'il est.

Même à la retraite, j,ai de la misère à discipliner mon sommeil et mes périodes de veille. Quand j'ai de l'énergie moindrement, je la dépense comme si je n'aurais plus jamais l'occasion d'en avoir. Pas très zen tout ça. Je suis rendu là dans ma quête d'harmonie.

Je t'encourage à terminer ton bac, avant de débuter autre chose. Lâcher maintenant te causerait une blessure je crois.

Dans le monde moderne le sommeil c'est une chose, mais c'est de le rendre régulier comme une horloge qui est dur.

Tu reviendras nous jaser,
à bientôt

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Re: Stagnation

Message par DemiLiard » 18 nov. 2019, 23:53

Ouin...

J'ai pas grand-chose à conter, sauf que j'ai encore des blocages. Ça fait 3 ans que je marche un minimum de 7h par semaine mais ça reste difficile. J'ai aussi fait des changements alimentaires: remplacé le pain blanc par le pain à grains entiers, réduit le jus de 500ml de jus de fruits à 125ml + 125ml de jus de légumes réduit en sel. Ces changements ont très peu d'incidence sur mon poids ou mon énergie alors que des changements de médication peuvent avoir des effets négatifs brusques. Mais bon, si je n'avais pas fait d'ajustements ce serait probablement pire...

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Re: Stagnation

Message par DemiLiard » 19 nov. 2019, 00:36

Ah oui, je voulais mentionner aussi:

J'habite en appartement supervisé et l'autre jour l'infirmière est venue me voir pour vérifier si on est à risque pour le suicide. Ils font ça aux 6 mois je crois, c'est le réglement. J'ai dit que je n'avais pas eu de pensées du genre dans les derniers 6 mois. Après coup je me suis demandé si c'était vraiment le cas. Avant de commencer la clozapine, il y a eu plus de 3 ans, j'en avais, mais un des effets de la clozapine est de réduire les envies suicidaires. Je trouve ça spécial que ça puisse agir sur cet élément de façon isolée mais efficace, sans pour autant m'empêcher d'avoir des gros downs. Voilà c'est tout, j'avais envie de le mentionner.

Ouena
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Re: Stagnation

Message par Ouena » 19 nov. 2019, 09:57

Bonjour Demiliard, c'est une bonne nouvelle si tu n'as plus de pensées suicidaires même si c'est un peu louche parce que ça serait dû de façon isolée à un médicament ;) tous les bons côtés on les prend peu importe l'origine. Pour les downs prend¸ça un jour à la fois. C'est vraiment bon de marcher 7 heures par semaine, tu as beaucoup de courage de le faire malgré le down. Les ajustements au niveau de l'alimentation ça demande beaucoup de discipline, c'est bon déjà les pas que tu as fait. Félicite toi, tu peux aussi y aller graduellement. Y a beaucoup de positif dans ton post.

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Re: Stagnation

Message par DemiLiard » 19 nov. 2019, 16:56

Merci :)

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Re: Stagnation

Message par DemiLiard » 05 déc. 2019, 00:55

Je suis quand même bien entouré présentement niveau équipe médicale par contre je trouve que c'est un peu éparpillé... J'ai eu ma 2e psychiatre peu de temps car elle est allée à la retraite. J'ai mon psychiatre actuel (3e à l'externe) depuis un bon moment mais vu que je le vois pas souvent j'ai l'impression qu'il ne me connaît pas encore bcp. On m'a mentionné qu'un certain nombre de ses dossiers iraient à un autre psychiatre vu qu'il a bcp de patients, donc risque de changement encore.

J'ai eu l'intervenante à l'appartement supervisé pendant près de 3 ans. Elle aussi a pris sa retraite. J'en ai une nouvelle mais je suis censé déménager bientôt, donc une 3e personne éventuellement. J'ai aussi une nouvelle travailleuse sociale. Des fois l'infirmière à l'appartement plus l'infirmière qui fait le suivi des prises de sang... Bref, bien entouré mais j'aimais mieux la formule que j'avais en début de traitement, c'est-à-dire à la clinique PEP, psychiatre, ergothérapeute et quelques fois l'infirmière. C'est sûr que l'équipe communique ensemble, mais ça doit être plus dur avoir une idée générale si plusieurs personnes sont impliquées. J'imagine avec l'appartement supervisé c'est un peu normal d'être dispersé comparé à quand j'étais en appartement autonome mais bon.

Le moral est encore un peu bas. Ça fait un bon moment que j'adhère au "un jour à la fois". Je trouve que c'est une stratégie valable mais surtout à court terme. Les choses qui valent la peine demandent patience et investissement de temps. Je manque de constance et de momentum pour des projets à long terme. Quand arrive le temps j'ai des blocages.

c'est insidieux. J'ai comme peur de stagner trop longtemps et de finir à l'hôpital. Genre, que le comportement se désagrège tranquillement jusqu'à ce que ce soit nécessaire. On reconnaît que la prévention est importante mais peu de ressources y sont consacrées. J'avais fait de petits gestes en ce sens avant que la maladie éclate. Je me dis que ça aurait vraiment été génial d'éviter tout ça. Mais même une fois déjà dans le système ça me semble insuffisant. Le suivi est plus serré avec la clinique Premier Épisode Psychotique au début mais c'est comme si la même logique s'appliquait (par rapport à la prévention). J'ai hésité lorsqu'on m'avait proposé l'appartement supervisé, j'avais l'impression de ne plus en avoir besoin mais on m'a fait remarquer que ça pourrait avoir l'effet d'un tremplin, au lieu de se contenter du minimum, accepter une plus grande aide réduirait le risque de rechute. C'est bien pensé mais on dirait ça ne s'est pas exactement déployé comme ça dans mon cas.

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