stress & diagnostique douteux

(maniaco-dépression)
Nath2727
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Nath2727 » 05 juin 2016, 11:16

Oui, tu vas (re)devenir la personne que tu veux être, c'est une question de temps. Je trouve ça désolant pour ton amie mais il faut couper le cordon et parfois, ça fait très mal, mais il faut passer par là pour s'épanouir. Tu ne l'as pas perdu, elle demeure juste un peu plus loin mais vous pouvez quand même vous voir ou vous téléphoner. Fais-toi confiance et ne vis plus dans le passé, tu as le droit d'avoir la vie que tu désires mais il faut travailler pour cela et ça passe par une profonde remise en question sur toi, sur tes exigences, sur tes buts et ce que tu veux réellement. C'est un travail parfois pénible, qui remue la vase et l'eau se trouble autour de soi. On est déstabilisé mais en restant debout on conjure l'inertie qui nous empêche d'avancer.
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Revivre
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Revivre » 06 juin 2016, 15:38

Bonjour Mico,

Je tiens d'abord à souligner votre facilité à nommer comment vous vous sentez et à interagir suite aux bons conseils des internautes sur ce forum, c'est tout à votre avantage.

Les internautes qui ont chaleureusement répondu par ailleurs ont raison en soulignant la culpabilité qui semble vous submerger et c'est ce qui m'amène à vous répondre à mon tour.

Je vois que vous vous en voulez beaucoup par rapport à vos choix de vie. Vous semblez vous attribuer beaucoup de blâme face à ce que vous traversez.

Cette culpabilité appartient beaucoup à la phase dépressive que vous semblez traverser, c'est un symptôme très récurrent et il importe de s'en rappeler afin de se ramener à la réalité et apprendre à faire la différence entre ce qui provient de nous et ce qui provient de la maladie, autrement dit les symptômes. Bien sûr, il faut du temps pour mettre cela en pratique.

La culpabilité n'est pas toujours légitime, en intensité du moins. Il est possible de la questionner, de la confronter.

Je vous invite donc à tenter de vous en rappeler la prochaine fois que vous la sentez vous envahir en vous demandant s'il est possible que vous ne soyez pas responsable d'absolument tout ce que vous vivez en ce moment.

Tout est une question de juste milieu: se pourrait-il qu'une certaine partie appartienne à la dépression?


Par ailleurs, il est tout à fait normal de vivre un deuil lorsque l'on apprend souffrir d'une maladie quelconque. Il faut un temps pour accepter que nos capacités ne soient pas les mêmes , que nous changeons et c'est en acceptant que l'on arrive à cheminer. C'est la première étape.



Je vous invite donc mico à remettre en question cette culpabilité qui vous ronge, de façon à délimiter votre réelle responsabilité dans votre vécu et vous offrir un peu de répit bien mérité.

Revivre demeure disponible pour vous écouter si vous le souhaitez: 514-738-4873. Autrement, je vous encourage à continuer votre activité sur le forum et continuer le travail entrepris en thérapie, une étape à la fois en vous respectant.

Bonne fin de journée,


Vicky, Intervenante

mico
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par mico » 06 juin 2016, 20:15

Merci pour vos bons mots et encouragements,

Oui je crois être capable de bien décrire ce que je sens et vous avez raison sur le fait que je m'attribue beaucoup de blame dans ma vie. La maladie y est pour quelque chose, mais c'est un trait de caractère chez moi, que tache que je traîne depuis longtemps. Et le depression n'aide pas à amélirer les choses.

Lorsque je croyais que je ne m'en sortirais pas, je donnais des conseils aux gens en leur disant ce qu'il ne fallait pas faire. J'ai du mal à croire qu'il y a quelques semaines j'étais aussi bas. Je me suis remis sur pieds à moitié, pour un redressement plus droit, il me reste beaucoup de travail à faire. Car oui on parle de travail.

Je me décourage souvent, et cet apprentissage au travail n'aide pas à bien habiter mes journées. Ma thérapeute m'a donné comme devoir d'établir la liste de ce que j'aime. J'ai plutôt ét en mesure d'établir la liste de ce que j'aimais. Car la depression te disconnecte de toi, de qui tu es, et te reconnecte sur une personne qui ne t'est pas familière, plutôt taciturne et antipathique, Et c'est avec elle que tu dois vivre désormais, ou du moins apprendre à vivre. Et cela est très difficile à accepter vous avez raison. Qu'est-ce que j'ai comme choix. Vivre, malgré tout.

Merci de me lire

Nath2727
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Nath2727 » 07 juin 2016, 04:12

Salut Mico,

je te comprends tellement quand tu dis que tu te reconnectes avec une personne que tu ne connais pas. Effectivement, on ne se reconnait plus en dépression, où donc est passée cette personne enjouée, espiègle, toujours de bonne humeur et toujours prête à aider les autres? Le deuil de cette personne-là est très souffrant. Mais tu dois te dire que la situation est temporaire même si pour l'instant tu crois le contraire, tu vas redevenir comme avant, en y laissant quelques plumes naturellement. La personne que tu es n'as pas vraiment changée, mais ta perception de toi oui et c'est elle qui te donne l'impression d'être quelqu'un d'autre.

Tu te dévalorises beaucoup, comme si tu pensais que toi, tu n'as pas droit au bonheur... Mais tu fais partie de la planète alors tu y a droit comme n'importe qui. C'est certain qu'il va te falloir travailler fort pour y arriver, mais aussi parfois, il faut savoir se laisser aller, juste faire confiance à la vie, elle prendra soin de toi. Je sais que pour l'instant ces mots ne te parlent pas mais tu verras qu'avec le temps et l'exercice, tu changeras toi aussi ta vision de la vie.

Ne te décourage pas, si tu tombes, relève-toi encore et encore et tu vas gagner ton combat. La persévérance, y'a pas grand'chose qui résiste à ça. Et quand ça n'ira pas, ou quand tu voudras partager tes victoires, viens sur le forum et lâche-toi!
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Hedwig
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Hedwig » 07 juin 2016, 06:09

Salut Mico, quand je te dis que tu as déjà une faculté de prendre du recul.

Le fait d'être pessimiste, ne pense pas que la maladie n'y est pour rien. Tu l'as decouverte sur le tard mais elle était déjà là. Je suis plus jeune que toi mais j'ai grandi avec une épée de damocles imaginaire au-dessus de la tête. Ne jamais être trop heureuse de peur qu'un drame surgisse. Je n'ai jamais été contente à fond jusqu'à il y a environ 2 ans quand j'ai eu mon diagnostic et qu'il a fallu travaillé sur ce pessimisme qui m'empêchait de vivre. Et c'est là que j'ai appris en tirant les vers du nez à ma mère et en regardant dans mon carnet de santé, que j'étais morte et qu'il avait fallu faire une césarienne en urgence pour me réanimer, 15 jours en couveuse, ma mère malade ne pouvait pas avoir de contact avec moi. Il y a d'autres façons de démarrer sa vie. J'ai grandi avec la douleur de ma mère qui n'en n'a jamais parlé, le manque de ses câlins et cette impression indicible que je ne vivrai pas longtemps.

Vu que tu as un psy essaye de revoir tes souvenirs d'enfance. C'est souvent là que le mal prend sa source. Le jour où j'ai su. Le pessimisme s'est envolé, j'ai enfin pu vivre et respirer sans avoir peur de ce qui pourrait arriver.

Continue d'écrire
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par mico » 07 juin 2016, 07:32

Encore une journée à me demander quoi faire. Moi qui ne pouvait presque pas m’absenter avant, me voilà rendu dans un rôle de figurant. Ce sera encore très difficile aujourd’hui et je ne sais pas comment parler de ce problème. Lorsque j’ai grimpé dans ma voiture, j’avais ce feeling que ce serait pénible.

Je croyais que le travail me stimulerait plus que cela, mais cette nouvelle tâche à définir finalement me laisse avec beaucoup de temps pour penser, beaucoup trop. Et penser, ça me tue

Merci de me lire

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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Hedwig » 07 juin 2016, 09:21

Si avant tu etais dans un département où tu étais tout le temps occupé c'est que tu as de la ressource Mico.

Essaye de trouver ce qui pourrait transformer l'ambiance dans ce nouveau département. Quelque chose qui te stimulerait toi.

Si tu trouves rien c'est que tu as d'autres priorités à gérer qui t'aideront à débloquer tout le reste.

La paix c'est ce qui te manque. Un arrêt total sur toi sans réfléchir, juste sentir et ressentir. Ce serait bien que tu y arrives dans la journée.
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Re: stress & diagnostique douteux

Message par mico » 07 juin 2016, 14:04

Je croyais vraiment que mon problème d’estime de soi était résolu. Je suis en pleine crise et même si je tente de travailler cela avec ma psychologue, je ne parviens pas me sentir bien. Oui vous avez raison que je suis sévère avec moi-même. Mais j’ai eu plusieurs occasions de réussir et je n’ai jamais été stratégique, je n’ai jamais pensé à sauvegarder mes intérêts. Cela vient de plusieurs facteurs. Entre autres, celui de ne pas avoir voulu d’enfant, qui a fait de moi une personne moins responsable.

Paradoxalement, et ce depuis un mois, je n’ai jamais fait d’aussi beaux rêves que j’en ai envie d’aller au lit tous les soirs. Je prends un ativan .5 mg prescrit par mon médecin. Je ne sais pas si c’est cela, ou si tout simplement c’est parce que ma vie est tellement moche ces temps-ci.

Les rêves, tellement agréables que j’arrive difficilement à me tirer du lit le matin et d’entreprendre une journée sans entrain. L’ombre et la lumière. Merci pour vos encouragements reçus par un dépressif d’expérience qui doute encore de son diagnostic de bipolarité. Si je demeurais à MTL, il me ferait assurément du bien de partager dans les groupes d’entraide de Revivre.

Merci de me lire

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Re: stress & diagnostique douteux

Message par Nath2727 » 08 juin 2016, 04:33

Je t'arrête tout de suite: le fait de ne pas avoir eu d'enfant ne signifie nullement que tu es moins responsable, l'équation n'est pas si simple! Les enfants sont un choix de vie, on en veut ou on n'en veut pas, mais ça demeure un choix. Je dis ça parce que je n'ai moi-même pas d'enfant et que je ne me sens pas du tout en reste ou en manque de quoi que ce soit. C'est quand les enfants ne sont plus un choix mais une façon de faire comme tout le monde qu'il y a danger pour son intégrité. Tu prouve que tu es une personne responsable dans le simple fait d'aller voir un psychologue et de vouloir travailler sur toi. Tu t'es rendu compte que tu avais un problème et tu prends les mesures pour arriver à le résoudre, et ça, ça fait de toi une personne responsable... Tu ne penses pas?
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.

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Re: stress & diagnostique douteux

Message par mico » 08 juin 2016, 07:28

Bonjour,

C’est plus sur la manière de vivre sa vie que je me sens moins responsable. J’ai eu des opportunités mais je n’ai pas su en tirer avantage pour ma propre survie. Mais tu as raison, avoir des enfants est un choix et non une imposition ou un gage de réussite dans la vie. C’est que je suis entouré de jeunes gens qui prennent de bien meilleures orientations que moi à leur âge, donc je tire des conclusions.

Aujourd’hui, je devrais être plus motivé car il se passe quelque chose de spécial au travail, mais malheureusement il n’en est rien. Je vais prendre quelques minutes pour rencontrer mon nouveau supérieur et discuter stratégiquement de mon emploi du temps car je ne réalise vraiment pas mon potentiel en travaillant de la sorte.

J’ai encore fait un rêve merveilleux, comme toujours trop beau pour être vrai. Je revenais en arrière dans ma vie et me retrouvait dans un mood ou tout était possible. Je ne sentais aucune barrière, aucune limite de temps. Mais dans le fond, c’est un feeling de bonheur que l’on peut vivre quand les choses sont normales. Une vie agréable et sans exigences pharmacologiques, sans contraintes autres que les petits agacements de la vie, et non avec cet état d’esprit qui est le mien maintenant.

Je devrais continuer la même médication jusqu’à mon prochain RV fin juillet. Je ne sais pas si un médicament pourra faire disparaître cet énorme blues qu’est devenue ma vie.

Merci de le lire

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