témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

(maniaco-dépression)
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Cari99
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Enregistré le : 27 juin 2016, 11:00

témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par Cari99 »

Bonjour,

Je viens vous confier mon désarroi, voire ma détresse, après une hospitalisation d'un mois dans un service spécialisé troubles bipolaires, et peut être recueillir des témoignages de personnes sous lamictal-lithium-seroquel comme moi actuellement ou de personnes ayant vécu quelque chose de similaire ou tout simplement un peu de soutien...

Je suis entrée à l'hôpital début juillet dans un état que la psy a jugé mixte, et que je n'avais jusque là jamais connu (uniquement la pensée très accélérée mais un vécu hyper dépressif et au niveau physique, plutôt clouée sur place qu'hyper active). Après quelques jours en observation, le choix thérapeutique est tombé : suppression totale du zoloft du jour au lendemain (je le prenais depuis un an) et introduction progressive du lamictal, associé au lithium et au seroquel que je prenais déjà : c'est ce que l'équipe a décidé.

Peu à peu, le cadre de mon hospitalisation (en HL) s'est restreint, sans que réellement je ne comprenne vraiment (pourtant après 18 ans avec ce trouble, je suis plutôt consciente et lucide sur mes états) : la psy me disait être de plus en plus inquiète, me trouvant très accélérée, et j'ai d'abord été au bout de 2 semaines limitée à ne sortir du service que pour fumer une cigarette, puis quelques jours après limitée à rester dans le service avec accompagnement de temps en temps par un infirmier pur fumer une cigarette et enfin, limitée au service avec interdiction totale de fumer une cigarette! Dans ce contexte, j'ai tenu 3 jours et craqué un matin : j'ai fumé quelques bouffées de cigarette dans la salle de bain de ma chambre, ce qui malheureusement (ou heureusement) pour moi a déclenché l'alarme. C'est alors que j'ai été tout bonnement virée. Cela ne m'était jamais arrivé auparavant et j'avais pleinement confiance dans ce service spécialisé qui dans le passé m'avait énormément aidée à 4 reprises.

Ainsi, je me suis retrouvée brutalement en rupture de soins, avec un dosage du lamictal pas du tout dans la fourchette d'efficacité et finalement aucune évaluation de son efficacité. Ma psy en vacances, ma thérapeute en vacances, mes rares amies aux abonnés absents... solitude noire.

Seule à la maison, sans cadre, j'ai très rapidement perdu ma "sécurité intérieure" et bien entendu toute confiance en moi. Je ne sens plus que je peux compter sur moi. Je suis dans une même journée très souvent envahie par la peur (une peur sans objet précis), la tristesse (beaucoup de pertes relationnelles importantes ces derniers mois) et la sensation d'être perdue, de ne plus avoir personne vers qui me tourner.

Ce matin, j'ai RDV avec le médecin du travail pour une reprise la semaine prochaine après 2 mois et demi presque d'arrêt. Je suis reconnue travailleur handicapé, je travaille dans une collectivité territoriale, je suis fonctionnaire, j'ai des horaires aménagés, bref des conditions de travail plutôt "idéale", si ce n'est que ma Direction est en pleine restructuration, que les personnes avec qui je m'entendais le mieux ont été mutées, et que l'ambiance générale est devenue over stress et super mal être. Et que je vais mal.

Je n'ai pas de plan B si je ne tiens pas au travail, si je me retrouve incapable de travailler du fait de mes capacités intellectuelles diminuées par mon état dépressif, ou à éclater en sanglots au moindre "ah te revoilà, alors ça va mieux? que t'est-il arrivé?". Je suis déjà passée à 2 reprises dans le passé devant le Comité médical après des arrêts de travail prolongés et réussi à convaincre de me réintégrer plutôt que de me placer en retraite pour invalidité d'office. Il n'y aura pas de 3è chance, c'est ce que l'expert m'avait dit la dernière fois.

Je pars défaitiste. Au fond, mes pas vont me porter jusqu'au travail aujourd'hui et peut être aussi la semaine prochaine, mais mon esprit est ailleurs, je sreia sûrement à mon bureau sans être vraiment là... et ça ne tiendra pas...et je n'ai aucun plan B...

J'aimerais bien peut être que des personnes sous lamictal-lithium-seroquel comme moi peut être me fassent part de leur vécu, et d'une éventuelle amélioration de leur état général grâce à cette combinaison, me redonnant espoir.

J'aimerais bien que des personnes pour qui le travail n'a plus été possible à un moment donné et qui comme moi vivent relativement isolée (ou pas) me parlent un peu de l'organisation nouvelle de leur vie...

Au fond, plutôt en détresse, Je me rends compte que j'ai écrit ce témoignage comme on jette une bouteille à la mer, comme un appel au secours...un appel à un peu de soutien...

Excusez moi d'avance si ce n'est pas le lieu pour ce genre de "déballage" intime, je suis nouvelle sur le forum.

Merci de m'avoir lue dans tous les cas.

Cari
Ouena
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Re: témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par Ouena »

Bonjour Cari, je t'ai lue et je te souhaite bon courage. Je ne suis pas dans les situations que tu décris mais je tiens à t'envoyer plein d'énergie positive. Je sais que tu vas avoir des réponses intéressantes des gens du forum, nous sommes tous là pour toi. Bisou.
isa456
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Enregistré le : 19 janv. 2016, 10:05

Re: témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par isa456 »

Bonjour Cari, je lis bien ta détresse et je suis désolée.

Je ne prends pas la même médication que toi mais comme toi je suis dépressive et bipolaire.

Je suis étonnée que tu reprennes le travail alors que tu ne sembles pas stabilisée. Ton congé ne pourrait pas être prolongé ? Le temps qu'on trouve une médication qui te conviennent bien.
Cari99
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Enregistré le : 27 juin 2016, 11:00

Re: témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par Cari99 »

Merci beaucoup à vous trois pour vos encouragements, ça m'a fait beaucoup de bien de lire vos messages. Je me suis sentie moins seule et ça m'a même fait chaud à l'intérieur.

Pour vous donner des nouvelles de mon RDV avec le médecin du travail, la consultation a duré 5 minutes et il m'a déclaré apte. Il faut dire que j'en ai dit le moins possible et réussi à faire un peu illusion, arguant que ça allait mieux pour moi et que malgré une certaine appréhension j'avais envie, et besoin de reprendre le travail. En fait, si je m'étais écoutée, dans mon état, je me serai faite prolongée parce que comme je vous l'ai dit, je ne vais pas bien du tout. Mais ma psy, qui me suit depuis maintenant plus de 10 ans, m'a dit juste avant ses congés la semaine dernière : "il faut essayer, vous n'avez qu'à considérer le travail comme de l'ergothérapie ou un hôpital de jour, cela vous donne un cadre, vous voyez des gens..." (sic!). ça m'a paru assez incroyable et limite irresponsable mais bon, je ne veux pas être de nouveau hospitalisée car cette fois ce devra être en clinique et je n'ai pas confiance, ayant vécu dans le passé uniquement des expériences hyper négatives dans deux ou trois cliniques différentes. Ma thérapeute, que je ne vois pas très souvent car elle travaille à l'hôpital, m'a dit de même avant ses congés la semaine dernière, que j'avais bien plus de ressources que je ne le pensais ou sentais et qu'il fallait essayer d'y retourner. Et que de toutes façons il y avait des alternatives entre soit le travail soit l'hôpital, ce qui est vrai, mais lesquelles dans mon cas???

Donc, je vais essayer... mais vu l'état anxio dépressif dans lequel je suis, je sens bien que c'est mission impossible pour moi de "tenir" au travail...

J'ai oublié de préciser que j'ai 43 ans, et un fils de 23 ans autonome (il a son appart à 50km de chez moi) mais qui est au chômage depuis un an et se réfugie dans ces addictions aux jeux en réseaux et au cannabis et pour qui malheureusement dans mon état, je ne peux pas faire grand chose (il ne demande jamais rien, n'a jamais besoin de rien et n'ira jamais consulter tant il est convaincu que ce sont les psy et les médocs en fait qui m'ont rendue malade) à part maintenir un lien au tél tous les jours et le voir pour un déjeuner une fois par semaine ou tous les 15 jours. Son papa vient de se séparer de sa deuxième épouse et s'est totalement désinvesti par rapport à son fils. Je donne ces précisions parce que bien entendu la situation de mon fils me préoccupe énormément et mon impuissance actuelle me ronge. D'autant que je prends conscience qu'il est fort probable qu'il ait lui aussi dans ce contexte développé un pb psy.

Oh la la, je déballe tout là. J'espère que ce n'est pas inapproprié....d'autant que je me demande qui ça peut bien aider ce mal être dont je fais part...

Je suis toujours à la recherche de témoignage de personnes qui comme moi sont sous lamictal-lithium et seroquel. Quand je regarde mon pilulier, mon Dieu, je me dis que c'est pas possible de prendre autant de médoc et en plus d'être si mal....

Je suis toujours à la recherche de témoignages de personnes pour qui à un moment donné le travail n'a plus été possible, et ce bien avant l'âge légal de départ à la retraite.

Merci beaucoup d'avance. Oui merci, ne serait ce que de m'avoir lue.

Cari
Ouena
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Re: témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par Ouena »

Oui Cari99 ton témoignage est tout à fait approprié. Pour ton fils, je comprends que tu es très inquiète, mais même si tu allais bien que pourrais-tu faire de plus? On se sent souvent impuissant à aider les autres, essaie de ne pas trop culpabiliser à se sujet. J'espère que le fait d'en parler t'a fait du bien. Aussi, je vois que d'un côté tu te sens pas capable de travailler, de l'autre tu le caches à la personne qui aurait pu t'aider à ce niveau. Peut-être peux-tu amorcer une réflexion en ce sens. Ne sois pas trop exigeante avec toi-même et continue à venir nous donner des nouvelles.
Revivre
Administrateur
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Re: témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par Revivre »

Bonjour Cari99,

En effet vous semblez dépassée par la situation, par cette souffrance et l'impuissance que vous ressentez; face à vous-même et bien sûr aussi face à votre fils.

Ce n'est pas facile de prendre soin de soi et d'un proche alors que l'on est soi-même malade et avons besoin de répit. Je souligne d'ailleurs votre réflexe d'être venue en parler sur ce forum, c'est un endroit où vous recevrez support et compréhension.


Je crois comprendre par ailleurs que vous retournez au travail mais que le but visé de cette méthode était avant tout d'éviter l'hospitalisation.

Le soutien que vous cherchez donc est celui qui vous donnera de l'espoir en de jours meilleurs. Le trouble bipolaire étant caractérisé par des phases temporaires, il se peut en effet que celle-ci finisse par passer. L'ajustement à la médication se fera également en temps et lieu, ce qui pourra vous aider à y voir plus clair, à respirer un peu, la diminution des symptômes aidant. D'ailleurs, il aide de se rappeler qu'il faut s'allouer un certain temps, parfois court, parfois long, pour trouver la bonne combinaison de médicaments.

Dans tous les cas, c'est effectivement une période difficile que vous traversez actuellement, vous ne semblez pas avoir de répit, de moment où il est possible de vous retrouver, de prendre une pause. Cela est nécessaire, c'est une partie importante du traitement, aussi importante et nécessaire que la médication ou le suivi médical.

Je vous proposerais donc de participer à un groupe d'entraide puisque votre demande était d'entendre des témoignages de personnes qui s'en sortent. Bien sûr, ces groupes de discussion ouverts sont là pour permettre aux personnes de s'exprimer sur leur souffrance, ce sera donc aussi des témoignages où ça ne va pas.
L'important toutefois, est de se rappeler que ce groupe est une façon efficace de voir que vous n'êtes pas seule, que des gens souffrent et s'en sortent tout de même et font preuve d'une belle persévérance en allant entre autres chercher les ressources nécessaires, tel que vous le faites ici..

Nos groupes sont offerts 4 fois par semaine, voici les horaires et si vous souhaitez y participer, vous n'avez qu'à vous présenter à nos locaux selon l'horaire, sans inscription:

Lundi: 13h30 a 15h00 et 19h00 à 20h30
Mercredi: 13h30 à 15h00
Vendredi: 9h30 à 11h00

5140, rue St-Hubert, Montréal, H2J 2Y3


Finalement, le but est de vous redonner espoir, de vous faire voir un peu de lumière.

Notre ligne de soutien est aussi disponible, n'hésitez pas à nous contacter, nos intervenantes sont là pour vous accueillir: 1866-738--4873

Si vous n'habitez as Montréal, vous pouvez nous appeler et nous verrons ce qu'il y a de disponible dans votre région.

Je vous souhaite une belle journée Cari99, ayez confiance, il y a plusieurs ressources que vous n'avez pas encore explorée, je vous en propose deux.

Bien à vous,

Vicky, Intervenante
514-529-3081, poste 230
vicky.chicoine@revivre.org
blondebleue
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Re: témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par blondebleue »

Cari99 j'espère que l'offre de groupe d'entraide vous aidera!

Par rapport à la médication, je voulais simplement vous dire que le Lamictal a été pour moi ma bouée de sauvetage, surtout pour sortir de dépression et en éviter de nouvelles depuis 3 ans.
Dosage augmenté graduellement jusqu'à 100mg 2 x par jour.

Bon courage!
l'eveilenlibrepensée
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Re: témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par l'eveilenlibrepensée »

Sortie hier d'une cure fermé de deux semaines pour avoir vécu des difficultés familiales. même ces psy devraient connaître les effets bienséants des "hi" pour nous les sois disant mal conçu de la nature. Ajoutons des polluents à la sauce de notre étiquetage de petits rats de laboratoires ( Selon de longues études d'un même camps )... J'ai accepté une légère dose d'épival le temps de me remettre des prises de bras pour tenter de me faire respecter en tant qu'humain fâcher de sa situation : mes symptômes Docteur !!! "je suis colérique dû au manque de respect, Êtres au far éteint nos réservons une meilleur communication de nos envie face à nos propres vies... Votez le droit à la mort assisté, et laissons les vivants libres de choisir dans le respect des opinions.... D'un patient subjuguer des traitement au Québec !!!!!

La vie m'habite et mon chemin m'appartient...
Faisons un terre ou vivre et non survivre à la folie reine des grandeurs : L'industrialisation

Demandons le remboursement aux exploitants de refaire nos forêts...

https://www.youtube.com/results?search_ ... ocumentary
Crois en toi et la vie te sera surprenante !
Nath2727
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Re: témoignage après sortie d'hospitalisation très difficile

Message par Nath2727 »

Oh la, mon poussin, t'as pété un plomb? J'ai vraiment du mal à te suivre et je comprends pas tes phrases à moitié. Comment t'aider dans ces cas-là? Je comprends que tu as repris un peu d'Epival mais dans quel but?
Le temps ne respecte rien de ce qui a été fait sans lui.
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