Schyzotypique: Les guerres intérieures

(maniaco-dépression)
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sebö
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Schyzotypique: Les guerres intérieures

Message par sebö » 08 févr. 2011, 19:43

Le repas du condamné: première partie

Un schyzotypique s'écroule par terre au moindre reproche, cri son désespoir au coin des rues en bravant la mort, pleure en silence lorsque les anges l'abandonne, se réconforte quelques fois auprès d'une chandelle qu'il croit être dieu, ne se lève pas pendant des semaines parce que son job l'ennuie, ne se lève pas carrément parce qu'il est trop déprimé, a soif d'adrénaline et n'écoute pas les conseils de ceux qui lui disent qu'il devrait consulter, même s'il consulte et que son psychiatre qu'il voit a une oreille attentive, mais très peu de mots pour décrire sa condition, parce que la bipolarité n'est pas une maladie, mais bien une condition, un trait de caractère, ce qui nous rend vivant, et fort, et faible parfois, et c'est tant mieux d'y croire à cette magie, puisque le salut vient à force de ramper sur le ciment, à force de quémander, à force de toujours devoir recommencer le même travail, celui de la constance, de la quête d'équilibre à travers l'exercice physique et l'abus de substances, entre la prière et l'aveuglement, entre l'amour et le désespoir, je sais, tout cela, et rien qui puisse encore affirmer que j'ai raison de croire aux fantômes de mes sombres psychoses, la clairvoyance de mes textes, l'obsolescence de l'art lorsqu'il est consommé dans le délire, le laisser-aller, et c'est la première fois que je m'exprime ainsi car j'ai voulu naviguer seul à travers les tempêtes, ne cédant jamais à la folie, sauf la mienne, n'obtenir gain de cause qu'en la présence fortunée de Bouddha, dans ses actions pures et désintéressées, ou le Christ, car avoir la foi me permettra de survivre à l'holocauste, la fin de mon monde illusoire, la ciselure fondamentale et le spleen du zéro se balançant entre Montréal et Tokyo, tant bien que mal, je m'accroche aux wagons, et j'avance, heureux de croire, heureux d'être en vie, heureux de me savoir seul parmi les autres, harmonieusement uni au tout, et tel fut le délire d'Ulysse, les mains s'agitant dans tous les sens, accroché au poteau du lit d'hôpital, bavant sa mélancolie dans un rire ténébreux et une cascade de mots incongrus, dénudé, dans une petite veste bleue le long d'un corridor étroit sentant le repas du condamné.

Sébö
:ugeek:

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