Mais j'sais pu où chu rendu.

Dépression majeure - Dépression saisonnière - Dépression post-partum - Dysthymie
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SebR
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Mais j'sais pu où chu rendu.

Message par SebR » 23 févr. 2019, 12:42

Il y a 10 ans; diagnostic de bipolarité. Presque 2 ans pour ajuster le lithium vu que semblerait que j'ai des reins de compétitions...
4 ans plus tard va falloir me rendre à l'évidence, à part me niquer l'estomac le lithium à pas vraiment changé quoi que ce soit.
2 ans sans médication honnêtement je vois pas vraiment de grosses différences.
Ce qui nous amènes à il y a 4 ans. Vie de couple et professionnelle en train de devenir invivable, retour devant le psychiatre.
Diagnostic; dépression chronique. 1 an, peut-être 1 an et demi plus tard 7 ou 8 antidépresseurs/régulateur d'humeur/etc plus tard, confirmation du diagnostic par psychiatre 2.
Psychiatre 1 sait plus quoi faire, m'imprime mon dossier et me dis de me présenter aux urgences pour des électrochocs.
La face de l'infirmière quand je lui ai remis mon dossier en lui disant que je venais pour des électrochocs ça valait 100 piastres comme on dit. L'infirmière qui aurait dut s'appeller Supergirl vu comment elle s'est "démardé" pour me faire voir psychiatre 3 en moins de temps qu'il n'en faut pour dire WTF...
Psychiatre 3 est ben ben découragé de psychiatre 1 mais au final après consultation et court séjour d'évaluation en psychiatrie donne le go pour des électrochocs. 12 séances pour commencer. Administré par lui-même dès le lendemain ou surlendemain.
Psychiatre 3 administre 6 ou 7 séances d'électrochocs. Je me rappelle pas de grand chose à part que j'ai dont ben des beaux tracés convulsifs... Encore aujourd'hui je m'en fais une fierté c'est tout juste si je vais pas l'ajouter sur mon prochain CV.
Jusqu'à... Psychiatre 3 n'est plus de garde en psychiatrie et c'est à psychiatre 4 (je sais ça vient compliqué...) qui doit administrer la balance des séances d'électrochocs.
Mais v'là t'y pas que psychiatre 4 refuse. Il a lut et relut mon dossier et comprends sweet fuck all à ce qui se passe.
Fait que là réévaluation par psychiatre 4 qui comprend pas comment psychiatre 1 à 3 ont pu se rendre là.
Amission à l'hôpital de jour. Ateliers sur la colère (je suis zéro colérique), ateliers sur l'impulsivité ( je suis zéro impulsifs), ateliers sur l'estime de soi (la aussi zéro problème).
Évaluation par psychiatre 5 (oui 5!) qui est psychiatre responsable de l'hôpital de jour, on en vient à un consensus; j'ai pas vraiment ma place à l'hôpital de jour.
Diagnostic de psychiatre 5; j'aime pas ma job. Noté que à ce moment j'étais en arrêt de travail depuis 18 mois.
Revois psychiatre 4 qui confirme le diagnostic; j'aime pas ma job.
Un peu stupéfait je vérifie avec psychiatre 4; "Si je suis en dépression, si j'ai envie de mourir et que tout ce qui me retiens de me faire sauter la caisson c'est la culpabilité à l'idée de faire souffrir ma famille, si depuis une bonne 10aine d'années je veux mourir c'est parce que je suis agent de télémarketing depuis 2 ans...

Au finale je suis sorti du bureau de psychiatre 4 en lui disant qu'on se reverrait le jour où je serais admis aux urgences après une tentative de suicide ratée (si j'avais la chance/malchance de la rater bien sûr).

Aujourd'hui environ 1 an plus tard j'ai changé d'emploi. J'ai perdu beaucoup au niveau du salaire, des assurances( j'en ai juste pu) et des conditions de travail en général.
J'occupe maintenant un nouvel emploi que j'aime et devinez quoi...?
J'ai toujoirs envie de mourir. Je trouve toujours la vie aussj exaspérante et si ma conjointe venait à mourir c'est sûr, certain et garantie que passerais à l'acte et me tirerait en bas du pont.
Tout ce qui me retient c'est l'idée de lui briser le coeur et qu'elle se sentirait responsable de ne pas avoir sut m'aider. Parce que je la connais elle se sentirait responsable.
Mais qu'est ce qui va se passer si jamais elle disparaît? Ou même le jour où ma souffrance va dépasser mon sentiment de culpabilité et que je m'en fouterai bien de faire de la peine à ma famille?
Je vis en région, au Saguenay pour ne pas nommer la place, y a pas autant de ressources qu'à Montréal mais y en a. Je sais juste pu à qui ou quoi m'adresser. Je sais pu quoi faire ni comment. Pis je suis ben ben découragé.

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3.14R
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Re: Mais j'sais pu où chu rendu.

Message par 3.14R » 23 févr. 2019, 21:10

SebR a écrit :
23 févr. 2019, 12:42
J'ai toujoirs envie de mourir.

Je trouve toujours la vie aussj exaspérante et si ma conjointe venait à mourir c'est sûr, certain et garantie que passerais à l'acte et me tirerait en bas du pont.
Tout ce qui me retient c'est l'idée de lui briser le coeur et qu'elle se sentirait responsable de ne pas avoir sut m'aider. Parce que je la connais elle se sentirait responsable.

Mais qu'est ce qui va se passer si jamais elle disparaît? Ou même le jour où ma souffrance va dépasser mon sentiment de culpabilité et que je m'en fouterai bien de faire de la peine à ma famille?


Je sais juste pu à qui ou quoi m'adresser. Je sais pu quoi faire ni comment. Pis je suis ben ben découragé.
Bonjour SebR,
J'ai relu ton message et je trouve ben plate un parcours aussi compliqué du point de vu médical. Juste ça c'est lourd à porter. Bref, j'oublierais la patente pour un bout et je chercherais à comprendre ce qui se passe avec toi.

Je lis (du verbe lire) deux forces qui agissent. Tu as de l'amour en toi. Tu es empathique, tu protèges et couve ta conjointe avec tendresse et détermination. Cette force là est en toi. Elle t'appartient. Rien ni personne ne peut te l'enlever. Indestructible. Si ta conjointe meurt c'est encore là, en toi mais sans objet. L'objet de notre amour n'est pas notre amour. Avec ou sans conjointe, l'amour que tu témoignes dans le monde viens de toi. Tu fais ce que tu veux avec. De là à dire que tu devrais t'aimer un peu plus il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas.

L'autre force c'est ton DÉSIR de mourir. Pourquoi faire aujourd'hui ce que tu vas nécessairement vivre demain? Tu vas mourir. Très bientôt. J'ai la même maladie mortelle que toi. Je suis vivant. Donc mortel. Le temps est très relatif. La souffrance aussi. J'aimerais savoir, tu ne l'explique pas, j'aimerais savoir qu'est-ce qui précisément t'enlève le gout de vivre? Ce que tu décris ne justifie pas le goût à mourir. Nous sommes plus résilient qu'une ostie de maladie de cave... Il y a moyen d'avoir une belle vie quand meme.

La vie parfois c'est un ramassis d'épreuves. C'est comme de passer au feu et de devoir tout recommencer à zéro. Épisodes, traitements, incompréhension, fatigue, découragement, toute du banal un moment donné et au delà de ça il y a l'amour de la vie pour ce qu'elle est. Qu'imaginerais tu vouloir vivra AVANT de mourir? Question...

J'espère que tu trouveras du réconfort sur le forum et que des relations enrichissantes germeront autour de toi. La vie c'est pas d'la marde. On s'accroche pi on continu, c'est comme un gros manège, y'a des bout le fun pi des bout dur ou le mal de coeur nous pogne. On se pitche pas en bas du manège, on attends la fin du tour. ;)

Revivre
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Re: Mais j'sais pu où chu rendu.

Message par Revivre » 25 févr. 2019, 12:05

Bonjour SebR,

Comment allez-vous aujourd'hui?

J'ai senti une lassitude personnellement dans votre message, une confusion quant aux solutions possibles et ce que l'avenir vous réserve et c'est compréhensible, c'est même légitime. Se faire virevolter ainsi entre les différents professionnels, qui ne s'entendent pas qui plus est, c'est d'autant plus de raisons d'être frustré et las.

Votre message laisse toutefois transparaître ce que 3.14r a su déceler avec précision: une détermination, qui illustre une soif de vivre, qui démontre l'espoir qui persiste en vous. Se mettre en action ainsi et persister dans les multiples rendez-vous et suivis de toutes sortes, c'est une pulsion de vie, pas de mort. La colère, la frustration sont aussi des pulsions de vie car elles illustrent que vous souhaitez vivre, mais vivre autrement.

Je souhaite donc vous offrir cette autre perspective pour vous aider à cultiver le goût de vivre, à vous accrocher et vous aider à conserver une vision de la situation qui vous avantage. Cultiver le goût de vivre SebR, c'est cultiver l'amour que vous avez pour votre conjointe et de le traduire en action, c'est de vous donner le droit et le temps de profiter de meilleurs jours, de partir en voyage, de rester tranquille à la maison, de vous adonner à des passes-temps que vous aimez.

Les idées suicidaires tels que vous en démontrez la présence sont d'abord un symptôme dépressif, de fatigue, d'épuisement et de découragement, le tout poussé à une puissance telle qu'on ne se sent plus la force de la supporter. Mais comme les autres symptômes, il est possible de leur retirer de la puissance, d'en diminuer la fréquence et l'intensité.

Pour cela, le réflexe d'appeler les lignes telles que le 1866 APPELLE (1866 273-3553) OU REVIVRE: 1866 738-4873 afin d'obtenir le soutien d'un regard extérieur à vous qui aura la possibilité de porter à votre attention les stratégies, les ressources qui pourraient vous aider à amener une différence dans votre quotidien sera un premier pas


J'ajouterais que nous pouvons aussi vous indiquer quelle ressource près de chez vous pourrait vous offrir du soutien si vous e souhaitez, nous avons un répertoire des ressources en région.

Par ailleurs, je vous proposerais de regarder ce qui vous aide déjà au quotidien, que faites-vous, à qui parlez-vous qui vous fait du bien, qui vous donne un peu de douceur, un petit baume au coeur?

Je termine à notant un aspect de votre message qui ne vous est peut-être pas inconnu mais qui mérite d'être souligné et félicité car cela fait certainement partie de vos forces, constituant ainsi un facteur de protection important et c'est votre humour. À plus d'un endroit vus avez usé d'humour pour raconter vos mésaventure et pour dédramatiser, peut-être inconsciemment mais tout de même, l'humour fait partie des stratégies de régulation émotionnelles et a un pouvoir inestimable en terme de diminuer le poids du quotidien, ne le perdez pas.

N'hésitez surtout pas à nous contacter à Revivre, vous n'êtes pas seul et notre équipe saura vous prêter une oreille chaleureuse et attentive à votre vécu tout en vous aidant à gérer ces pensées, ces idées qui augmentent votre souffrance, n'attendez pas.

Vicky, Intervenante
vicky.chicoine@revivre.org
514-529-8766

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